La sortie de Caixabank du capital de la banque portugaise BPI se profile
L’avenir de la participation de Caixabank au capital de BPI se pose désormais avec acuité. A la suite de l’abandon jeudi dernier de son projet d’OPA sur la quatrième banque portugaise, consécutif au refus des actionnaires de BPI de supprimer un plafond statutaire de 20% sur les droits de vote, le groupe espagnol a en effet indiqué vouloir analyser les options à sa disposition concernant sa participation de 44,1%.
Malgré le plongeon encaissé vendredi par l’action BPI, la part de Caixabank est encore valorisée environ 750 millions d’euros en Bourse. Ce montant pourrait gonfler de nouveau en raison des tractations entourant le futur de BPI. «Nous pensons que le scénario le plus probable est maintenant le choix de la vente [par Caixabank] de la participation dans BPI», estiment les analystes de Natixis, «d’autant plus si une potentielle fusion de BPI avec BCP se concrétise».
Deuxième actionnaire de BPI (18,58%), Isabel Dos Santos estimait l’offre de Caixabank trop peu généreuse, jugeant que la banque vaut non pas 1,9 mais 2,9 milliards d’euros. La fille du président angolais a réitéré jeudi son souhait d’un mariage avec BCP, que Caixabank estimait contraire aux intérêts des actionnaires. Le deuxième acteur bancaire portugais, dont le premier actionnaire est la compagnie pétrolière publique angolaise Sonangol, s’intéresserait notamment aux 50% détenus par BPI dans Banco de Fomento Angola.
Caixabank pourrait dans l’immédiat faire le choix de réduire sa participation de 44,1% à 20%, afin d’aligner ses parts avec la limite maximale de droits de vote. Selon Natixis, ce mouvement serait néanmoins temporaire. «La cession intégrale permettrait de libérer 1 milliard d’euros de fonds propres, soit un impact positif sur le ratio CET1 de 67 points de base (pb), la consommation de fonds propres du portefeuille de participations [passant] de 16% à 12%», explique la banque.
Dans le cadre de son plan 2015-2018, Caixabank ambitionne de réduire ce taux à moins de 10% dès 2016. A plus court terme, elle ambitionne surtout de maintenir entre 11% et 12% son ratio CET1, ressorti à 11,5% au premier trimestre malgré l’acquisition en janvier de la filiale espagnole de Barclays. Caixabank a donc du temps, d’autant que les cessions annoncées jeudi dernier de ses participations de 20,5% dans Boursorama et de 49% dans SelfTrade Bank lui permettront de récupérer 20 pb de ratio CET1.
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