La Société Générale veut unir sa banque de détail avec le Crédit du Nord
Chahutée en Bourse, la Société Générale engage la restructuration de ses réseaux en France. Le groupe a annoncé mercredi matin dans un communiqué « étudier la création d’une nouvelle banque de détail » qui passerait par le rapprochement de ses deux enseignes Société Générale et Crédit du Nord, confirmant une information du Figaro.
L’action Société Générale a ouvert en hausse de 1% mercredi, à 11,76 euros.
« Après avoir achevé avec succès la première étape de la transformation de nos réseaux, nous lançons une nouvelle étape stratégique en tirant toutes les leçons de la crise sanitaire et économique et de l’évolution permanente des besoins des clients pour conforter la compétitivité commerciale et financière à long terme de nos fonds de commerce », commente Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale.
Informatique unifiée
Ensemble, les deux réseaux bancaires compteraient près de 9 millions de clients particuliers et de 1 million de clients professionnels et entreprises. Ils affichent, selon la Société Générale, une « forte complémentarité en termes d’expertises et de présence géographique ».
Le lancement de l’étude « a été validé par le conseil d’administration » du groupe, ajoute la Société Générale. Elle « devra en particulier définir les conditions du déploiement d’un dispositif territorial permettant de renforcer le pouvoir de décision au niveau local, de développer la proximité du service rendu à nos clients et de gagner toujours plus en agilité et en réactivité. Elle examinera également les conditions de mise en oeuvre d’un système d’information unifié », précise le communiqué.
L’étude sera conduite d’ici la fin du mois de novembre. Sébastien Proto, nommé début août directeur général adjoint en charge des réseaux de banque de détail en France, en aura la responsabilité avec les dirigeants et les équipes des deux réseaux. « Le projet qui en résulterait le cas échéant intégrerait les dimensions sociales, sociétales et environnementales et ferait l’objet d’échanges et des consultations nécessaires avec les partenaires sociaux, dans le respect de notre tradition d’employeur responsable », ajoute le communiqué.
Des marques régionales
La Société Générale doit présenter des gages au marché alors que son action traite à des niveaux déprimés. La banque, qui a annoncé cet été une réorganisation de sa direction, se paie en Bourse à moins de 20% de son actif net comptable.
Le rapprochement des réseaux Société Générale et Crédit du Nord constitue un tournant pour la banque, qui faisait valoir jusqu’à présent la diversité de son modèle de distribution : un réseau national (SG), une banque composée de différentes enseignes régionales (Crédit du Nord), et un acteur 100% numérique, Boursorama. Racheté en 1997 à Paribas, le Crédit du Nord coiffe huit banques régionales dont certaines très visibles localement (Société Marseillaise de Crédit, Courtois, etc…). Autant de marques qu’il est cependant coûteux de faire vivre.
Par le passé, le groupe avait aussi engagé la convergence des systèmes informatiques de la Société Générale et du Crédit du Nord. Un projet abandonné en 2015 en raison de son coût et de la priorité donnée aux investissements dans le digital.
A fin 2019, le Crédit du Nord affichait 73,6 milliards d’euros de total de bilan en données consolidées, pour un produit net bancaire de 1,8 milliard et un résultat net de 328 millions. Les données détaillées à fin juin 2020 ne sont pas publiées.
Plus d'articles du même thème
-
André Lévy-Lang, l'homme qui voulait que la science serve le monde
Avec la disparition d'André Lévy-Lang, à l'âge de 88 ans, s'éteint une figure singulière de la finance française, un homme qui aura su conjuguer exigence intellectuelle, rigueur scientifique et vision du bâtisseur, se souvient Marie Brière, directrice générale de l'Institut Louis Bachelier. -
Les perspectives des banques françaises s'assombrissent
Les résultats financiers des banques françaises ont été très solides au premier semestre. Pour autant, il n’y a pas de quoi pavoiser selon Fitch Ratings qui maintient une perspective négative sur le secteur pour 2026. En cause : plusieurs facteurs de risques auxquels le Crédit Mutuel Alliance Fédérale apparaît plus exposé que les autres. -
Revolut se soumet au superviseur français pour crédibiliser son modèle
L'agrément de plein exercice obtenu auprès de l'ACPR et de la BCE donne à la néobanque un gage de sérieux auprès des clients comme des investisseurs. Elle doit également lui permettre de libérer un potentiel de croissance important.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
Contenu de nos partenaires
-
Ces lieux qui disent la géopolitiqueNida et Narva, ou la Russie dans les yeux
Aux confins de l’Union européenne, ces villes lituanienne et estonienne incarnent le face-à-face silencieux avec la Russie. Les menaces géopolitiques y cohabitent avec des réalités humaines parfois ambiguës -
Vaches maigresSécheresse et canicules, accélérateurs du déclin de l'élevage bovin français
La filière bovine tire la sonnette d'alarme. Faute de l'assurance de pouvoir nourrir les animaux, à cause du manque de fourrage, les éleveurs sont tentés de réduire drastiquement un cheptel déjà amputé de 15% en moins de 10 ans -
AmbiguïtéArme nucléaire : au Japon, Sanae Takaichi sème le doute
Alors que le pays vient de commémorer le 81e anniversaire des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, la Première ministre est restée vague sur l'avenir de la dissuasion nucléaire dans le pays