La Société Générale renforce prudemment ses provisions pour litiges
La Société Générale affiche des comptes trimestriels en redressement. Plus significatif que son bénéfice net de 534 millions d’euros (qui a sextuplé en un an mais recule de 1,5% à données constantes), son résultat d’exploitation progresse de 60% (à 695 millions). «Corrigé des éléments non économiques, non récurrents et des actifs gérés en extinction, le résultat net atteint 976 millions d’euros, à rapprocher de 854 millions d’euros au T3 2012», précise le groupe.
Le résultat net est pourtant inférieur aux attentes des analystes, qui n’ont pas anticipé une nouvelle provision pour litiges de 200 millions d’euros. Sans atteindre les niveaux de concurrentes étrangères, les provisions collectives pour litige de la Société Générale s'élèvent toutefois à 700 millions au 30 septembre.
Depuis le début de l’exercice 2013, l’établissement aura mis de côté 400 millions pour couvrir ce risque. Mais son PDG Frédéric Oudéa a refusé de donner de plus amples détails, alors que la banque a été récemment mise en cause dans le scandale du Libor par la National Credit Union Administration, qui supervise les caisses d’épargne aux Etats-Unis. Le dirigeant n’a pas non plus précisé sa position quant à une négociation avec Bruxelles concernant la manipulation de l’Euribor. La veille, les dirigeants du Crédit Agricole avaient indiqué qu’ils ne transigeraient pas.
Malgré cette menace larvée, la banque a rassuré les marchés (le titre a progressé de 2,9% à 41,7 euros). Non seulement ses activités résistent, notamment sur les marchés, mais elle semble avoir tourné la page de la crise financière. «D’ici à la fin de l’année, la Société Générale n’aura plus d’exposition significative aux actifs immobiliers américains titrisés, notamment les CDO de RMBS», illustre Philippe Heim, directeur financier du groupe. Parmi l’ensemble des actifs en extinction, la banque a réduit son exposition aux plus risqués («non-investment grade») de 800 millions d’euros au troisième trimestre, à un milliard.
Les progrès sur ce point ont permis à la banque de renforcer son ratio de fonds propres durs core equity tier one sous Bâle 3 de 21 points de base (pb). La contribution des résultats et du plan d’actionnariat salariés représente 22 pb, tandis que l’évolution des encours pondérés, 8 pb. Le ratio est passé de 9,4% à 9,9% entre le 30 juin et le 30 septembre. Le nouveau ratio de levier ressort à 3,34%, pour un minimum de 3% exigé par le Comité de Bâle en 2018.
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