La Société Générale pourrait se renforcer en Slovénie au prix fort

La banque française, déjà présente via sa filiale SKB, serait seule en lice pour le rachat de Banka Celje. Elle offrirait 297 millions d’euros
Virginie Deneuville

La Société Générale cherche à renforcer sa présence en Europe centrale. La banque dirigée par Frédéric Oudéa serait le seul établissement en lice pour le rachat de la banque slovène Banka Celje. Selon le journal local Finance, qui dévoilait mercredi cette information, la banque française, déjà présente dans le pays via sa filiale SKB Banka, aurait proposé 297 millions d’euros pour mettre la main sur le sixième prêteur slovène en termes d’actifs. Contactée par L’Agefi, la Société Générale s’est refusée à tout commentaire.

Ce projet d’acquisition, qui devrait être finalisé d’ici fin juin selon le journal slovène, «a du sens. Il vient compléter la présence de la Société Générale en Europe centrale, zone géographique sur laquelle la banque a clairement mis l’emphase», estime un analyste. «Cela rentre dans la stratégie de la Société Générale, qui entend chercher la croissance dans ses activités de banque de détail à l’international», relève un autre spécialiste.

Cette acquisition, si elle se réalisait au prix de 297 millions pour l’intégralité du capital de Banka Celje, «se révèle relativement chère à première vue», indique un analyste crédit. Alors que Banka Celje a réalisé en 2010 un bénéfice net de 4,5 millions d’euros, en recul de 33% sur un an, «le price earning ratio s’élève à 66, un niveau élevé comparativement au secteur bancaire européen où les opérations se traitent en moyenne autour de 8-10. A titre de comparaison, le secteur bancaire turc se traite autour de 12», poursuit le spécialiste. Toutefois, «il faut voir si des éléments exceptionnels dans le bénéfice ne viennent pas gonfler ce ratio», prévient-il.

Cette opération permettrait de quasiment doubler le poids, en termes d’actifs, de la Société Générale en Slovénie. Banka Celje, dont l’actionnaire principal est la première banque slovène Nova Ljubljanska (à hauteur de 41%), disposait de 2,6 milliards d’euros d’actifs à fin 2010, tandis que le bilan de SKB s’élevait à 2,8 milliards d’euros.

Banka Celje, dont le rendement des capitaux (RoE) s’élevait à 2,7%, disposait à fin 2010 de 2 milliards d’euros de dépôts. Contre 1,4 milliard de dépôts pour SKB, dont le RoE s’établissait à 10,5%. En 2010, SKB a enregistré une hausse de 36,5% de son bénéfice net, à 28,3 millions d’euros.

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