La Société Générale nourrit de fortes ambitions en Afrique
La crise ayant mis à mal les économies développées, l’Afrique attire les groupes internationaux. La Société Générale ne fait pas exception. Avec 2,8 millions de clients à travers 15 pays et 850 agences, le continent génère un milliard d’euros de produit net bancaire annuel, soit 20% des revenus du réseau international du groupe.
«Nous voulons être le premier établissement à capitaux privés en Afrique du nord en 2015», annonce Jean-Louis Mattei, directeur de la banque de détail internationale, alors que ces marchés sont encore dominés par des établissements publics. Cette ambition passe par l’ouverture de 380 agences (+60%) et le doublement de la clientèle particulière (+1,3 million de clients), à travers notamment le lancement d’offres affinitaires. Relativement à l’abri de la crise financière, la zone affiche un taux de bancarisation encore faible (42%).
En BFI, le groupe veut apparaître comme acteur régional, présent auprès des PME tout en leur faisant bénéficier de son envergure mondiale. Il a ainsi identifié des «leaders émergents», ayant vocation à devenir des entreprises internationales. Leurs besoins sont suivis localement et depuis Paris. La BFI marocaine sera un hub pour l’Afrique francophone et la BFI égyptienne irradiera l’Afrique anglophone.
S’il existe un système d’information unique à tout le continent (Harpe), les synergies techniques sont plus avancées en Afrique sub-saharienne, où la centralisation de la production informatique (projet Simba) et la création de hubs à Dakar, Abidjan et Douala pour la monétique et la finance seront achevées en 2012. Le Sénégal est également le champ d’expérimentation de banque mobile, sur laquelle la SocGen s’appuiera pour développer une banque low cost en Afrique. Son démarrage est prévu pour 2011. S’il se révèle probant, le modèle sera étendu Pays d’Europe centrale et orientale.
La SocGen souhaite étendre sa couverture géographique sur le continent, par croissance organique ou externe. Elle réfléchit sérieusement à l’Angola, au Mozambique et au Congo Brazzaville. Après avoir échoué à acquérir la BIM il y a trois ans (reprise par la banque marocaine Attijariwafa), elle n’exclut pas de revenir au Mali, tandis que le Niger est une éventualité. En revanche, le groupe estime que les marchés d’Afrique de l’Est et d’Afrique du Sud sont trop mûrs. Il regarderait également tout dossier en Egypte.
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