La Société Générale détrône BNP Paribas dans le primaire actions
Après un passage à vide, la Société Générale a réussi en 2010 un retour gagnant dans le primaire actions. Pour la première fois de son histoire, la banque française est parvenue à intégrer le top 10 européen. Selon les chiffres préliminaires de Thomson Reuters, les équipes d’«equity capital markets» (ECM) ont participé à 24 opérations cette année représentant un montant global de 4,74 milliards de dollars. Et pour couronner le tout, la Société Générale a détrôné BNP Paribas en France avec une part de marché de 17,1% contre 13,8% pour sa rivale, pour un montant de 1,25 milliard d’euros. Une première depuis plus de cinq ans.
«Malgré une forte chute des volumes d’émissions primaire actions et convertibles en 2010, avec un marché passé globalement de 215 milliards à 130 milliards d’euros pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, nous avons rempli nos objectifs à 2 ans tels que fixés dès fin 2008. Maintenant, nous devons tenir ces positions, en restant premier en France tout en progressant encore dans le top 10 européen », indique à L’Agefi Laurent Morel, responsable depuis 2008 du primaire actions de la Société Générale.
Après avoir goûté les honneurs du classement, la banque compte capitaliser sur son modèle. «En 2008-2009, nous avions profité de l’aspiration de la dynamique du marché de la dette pour développer à l’international l’activité des équipes de marchés de capitaux actions qui auparavant étaient plus fortement focalisées sur la France», explique Laurent Morel satisfait également de la mise en place d’une équipe dédiée aux institutions financières. La Société Générale a ainsi participé à l’augmentation de capital de la Deutsche Bank, plus grosse levée de fonds européenne (14 milliards de dollars) en 2010. Signe de cette internationalisation nouvelle, la banque a travaillé sur la mise en Bourse de Petrobras, la plus importante IPO de l’histoire (70 milliards).
La banque restera selon le dirigeant un thème fort pour 2011 et 2012: «Les institutions financières devront d’ici à 2013 lever pas moins de 135 milliards d’euros de fonds propres, en partie via des augmentations de capital». «Les assureurs qui, pour financer d’éventuelles acquisitions devront aussi renforcer leur bilan», estime aussi Laurent Morel. Deux autres thèmes resteront également porteurs en 2011: les mines et les métaux ainsi que l’énergie et les utilities.
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