La situation en Italie menace les banques françaises
L’annonce d’un quatrième trimestre de baisse consécutif du PIB en Italie mardi dernier n’est pas une bonne nouvelle pour les banques françaises. Leurs expositions transalpines, jusque-là gérées sans trop de difficulté, pourraient peser à mesure que s’éloigne la perspective d’une reprise de l’activité dans la péninsule. BNP Paribas et le Crédit Agricole (qui publiera ses résultats le 28 août) sont directement concernées, puisqu’elles ont toutes deux d’importantes filiales italiennes, respectivement BNL et Cariparma.
Lors de la publication de ses comptes trimestriels la semaine dernière, le groupe dirigé par Jean-Laurent Bonnafé s’est pourtant réjoui de la résistance du résultat de BNL. La filiale est en effet parvenue à faire accroître ses revenus de 2% par rapport à l’année précédente; mais la production de crédit, signe d’une baisse de la demande, a chuté (-2,9% pour les entreprises, -0,7% pour les particuliers). Seul le crédit à la consommation progresse (+4%), signe d’une fragilisation de la situation des ménages.
D’ailleurs, BNL accuse une hausse de plus de 17% de ses provisions pour coût du risque, qui représentent désormais 1,12% de ses actifs pondérés. En conséquence, le résultat avant impôt du réseau italien accuse le coup (-8,3%).
En dehors de l’activité commerciale, l’Italie reste le pays périphérique de la zone euro auquel les banques françaises sont le plus exposées. Au 30 juin, BNP Paribas détenait encore 11,2 milliards d’euros de dette d’Etat, soit près de 19% de ses expositions souveraines.
De même, le montant de dette italienne détenu par la Société Générale est resté à 1,4 milliard d’euros depuis le début de l’année; il représente près des deux tiers de son exposition aux pays sensibles de la zone euro, dits «Giipe» (Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Espagne). L’exposition de BPCE atteint elle 3,7 milliards d’euros, soit environ 90% des portefeuilles souverains des «Giipe».
Les résultats des banques italiennes au deuxième trimestre sont peut-être un avant-goût de ce qui attend leurs homologues françaises établies de l’autre côté des Alpes. UniCredit et Intesa Sanpaolo ont vu leurs bénéfices se dégrader de 67% et 40% respectivement. Plus inquiétant, les provisions pour créances douteuses et la proportion de prêts à risques ont fortement progressé en un an.
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