La restructuration du secteur bancaire espagnol franchit une nouvelle étape
«Une étape importante vient d’être franchie dans l’application du Memorandum d’entente entre les pays de la zone euro et l’Espagne», a souligné mercredi Joaquin Almunia, le vice-président de la Commission européenne. Cette étape, c’est le feu vert donné mercredi par Bruxelles pour renflouer quatre banques espagnoles nationalisées.
Après avoir étudié les plans de restructuration de Bankia, NovaGalicia Banco, Catalunya Banc et Banco de Valencia présentés par la Banque d’Espagne, la Commission a accepté de débloquer via le Mécanisme européen de stabilité une enveloppe 40 milliards d’euros qu’elle versera au Fonds de restructuration bancaire (Frob) pour aider l’Espagne à remettre le secteur en ordre. En juin dernier, l’Union européenne avait donné son accord pour que l’Espagne obtienne une ligne de crédit allant jusqu’à 100 milliards d’euros. Mais pour pouvoir accéder à ces fonds, l’Espagne devait en formuler la demande officielle en échange du respect d’un calendrier bien établi.
37 milliards d’euros seront répartis entre les quatre banques nationalisées et 2,5 milliards d’euros seront versés à la structure de défaisance, la Sareb, à partir du 1er décembre. Bankia recevra presque la moitié de l’aide avec 18 milliards d’euros, NovaGalicia 5,5 milliards, Catalunya Banc 9 milliards et Banco de Valencia 4,5 milliards d’euros.
En échange, les banques bénéficiaires de cette aide devront supprimer 6.000 postes, soit 28% de leur personnel. Banco de Valencia sera vendue pour un euro symbolique à Caixabank, la troisième banque du pays et bénéficiera d’un schéma de protection d’actifs qui engagera le Frob à assumer les pertes de l’établissement jusqu’à hauteur de 72,5% sur une période de dix ans, selon un communiqué. Quant aux trois autres, elles devront réduire leur bilan de plus de 60% sur cinq ans et se concentrer sur la banque de détail sur leur territoire. Joaquin Almunia a précisé que Catalunya Banc et NovaGalicia Banco seront liquidées si elles ne sont pas vendues avant fin 2017.
Dans une session au Parlement, le ministre de l’Economie Luis de Guindos s’est félicité que le taux d’intérêt de l’enveloppe octroyée par Bruxelles soit «inférieur à 1%». Cependant, dans une interview à la télévision espagnole, Miguel Angel Rodriguez, analyste de XTB, estime que le taux d’intérêt gonflera le déficit public tandis que les fonds octroyés feront augmenter la dette totale de 4% du PIB.
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