La résolution de Banco Popular promet son lot de litiges
Santander a prévu 1,3 milliard d’euros de coûts de restructurations liés au rachat de Banco Popular, mais la somme ne couvre pas les litiges à venir. Ils ne devraient pourtant pas manquer, après la mise en résolution de la sixième banque espagnole, vendue un euro symbolique. Santander s’attend à des plaintes de la part des 300.000 actionnaires de Popular, qui ont perdu 1,3 milliard d’euros – la capitalisation du groupe le 6 juin au soir – et de créanciers subordonnés, sollicités pour 2 milliards.
Dès mercredi, plusieurs cabinets d’avocats battaient le rappel en Espagne, concentrant leurs critiques sur la dernière augmentation de capital de Banco Popular. Le groupe avait levé il y a un an 2,5 milliards d’euros qui devaient lui permettre de nettoyer son bilan. D’où la stupeur provoquée par ce «bail in», que la BCE et le Conseil de résolution unique ont imposé. «C’est un cas clair de présentation trompeuse des comptes de la banque dans un prospectus, assure Fernando Zunzunegui, un avocat cité par Bloomberg et qui envisage une action de groupe. Comment Popular en est-elle arrivée à cette situation alors qu’elle était solvable il y a quelques mois ?»
Le sous-jacent des ventes à découvert a disparu.
L’entrepreneur chilien Androniko Luksic, dont la famille détenait 3% du capital, a indiqué sur Twitter «analyser un possible appel». Les porteurs d’obligations AT1 et tier 2 pourraient également contester les conditions de déclenchement du «bail in» et notamment l’évaluation du renflouement nécessaire. Autre question : comment réagiront les vendeurs à découvert tels que Marshall Wace ou Lansdown, qui avaient fait le bon pari ? Les positions «short» sur l’action Banco Popular représentaient 11,6% du capital, mais elles semblent impossibles à déboucler car le sous-jacent a disparu.
A l’appui de sa décision, le Fonds de restructuration bancaire espagnol (Frob) a précisé hier que les dépôts de Banco Popular étaient tombés à 60 milliards d’euros au 5 juin, en raison des craintes suscitées par sa solvabilité. Le Conseil de résolution unique s’est par ailleurs appuyé sur une évaluation indépendante de Deloitte, choisi après appel d’offres, qui faisait ressortir une valorisation négative de 2 milliards de la banque dans un scénario central, et de 8,2 milliards dans un scénario stressé. Selon un proche du dossier, une deuxième expertise, prévue par les règles, sera menée dans les prochains mois.
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