La recapitalisation bancaire pourrait s’inviter au Conseil européen d’octobre
La pression en faveur d’une recapitalisation des banques européennes est encore montée d’un cran hier. «Il est juste, si l’impression générale est que les banques ne sont pas suffisamment capitalisées compte tenu des conditions de marché, qu’on le fasse», a déclaré Angela Merkel à l’issue d’une rencontre avec la Commission européenne à Bruxelles. Le matin même, le directeur Europe du FMI avait assuré que les Européens préparaient un plan de capitalisation. «Nous parlons de chiffres entre 100 et 200 milliards d’euros, ce qui est à nos yeux très très peu comparé à la taille des marchés de capitaux européens et aux ressources du nouveau Fonds de stabilité européen renforcé», a déclaré Antonio Borges. Un discours que les marchés sont prêts à entendre, à en juger par le bond des valeurs bancaires hier.
La chancelière allemande n’a pas repris ces chiffres. Elle a simplement indiqué qu’il fallait «développer des critères», semble-t-il, pour mesurer ce besoin en capital. «Les chefs d’Etat et de gouvernement ne peuvent le faire. C’est aux experts de s’atteler à cette tâche», a-t-elle dit.
Lundi soir, en marge de l’Eurogroupe de Luxembourg, le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn avait admis que le «sentiment d’urgence» gagnait du terrain parmi les ministres des finances. «La capitalisation des banques européennes doit être renforcée pour fournir les marges de sécurité additionnelles et ainsi réduire les incertitudes», avait-il dit. «Les réponses nationales doivent être placées sous un chapeau européen», a indiqué mercredi son porte-parole, qui semblait cependant démentir la préparation d’un plan européen.
Angela Merkel a plaidé pour une solution rapide. «Le gouvernement fédéral est prêt, si nécessaire, à mener une telle capitalisation. Nous avons besoin de critères. Le temps presse. C’est pourquoi cela doit être décidé rapidement», a-t-elle dit. Et d’ajouter : «s’il est nécessaire que l’on en parle au Conseil européen (des 17 et 18 octobre), je suis disposée à le faire».
Dans sa nouvelle version, le Fonds européen de stabilité peut soutenir la recapitalisation bancaire dans un pays, même s’il n’est pas sous programme. La conditionnalité de l’intervention de l’EFSF réformé reste toutefois un débat. Lundi, les ministres des Finances en ont discuté. Un accord pourrait être trouvé ce mois-ci ou début novembre. Dans tous les cas, ces lignes directrices devront être adoptées par le Bundestag.
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