La nouvelle configuration à donner à l’activité du CIF reste encore à trouver
Alors que plusieurs dizaines de salariés du Crédit Immobilier de France (CIF) manifestaient leur inquiétude devant les portes du Sénat, une table ronde a réuni hier dirigeants, autorités de tutelle et représentants politiques pour évoquer ce dossier explosif.
Les interrogations étaient nombreuses, de la responsabilité de l’agence Moody’s dans l’intensification de la défiance à l'égard du CIF aux raisons de l'échec d’un adossement à la Banque Postale. Face à l’imminence d’un défaut, l’Etat a décidé d’apporter sa garantie, sous réserve du feu vert parlementaire et européen, et à condition que l'établissement mette en place une gestion extinctive de ses activités.
Pour Ramon Fernandez, directeur général du Trésor, le modèle de refinancement spécifique du CIF, qui reposait entièrement sur les marchés financiers via l'émission d’obligations foncières, «n'était plus viable». Dès mars dernier, les pouvoirs publics ont demandé la recherche en urgence d’un adossement, a-t-il rappelé. La «data room» n’a été ouverte qu’en juin, attirant un seul candidat sérieux : la Banque Postale. Malgré les encouragements de la puissance publique, celle-ci a décliné l’offre de reprise. Restait alors en dernier recours l’option de la garantie publique, assortie de conditions précises pour respecter la doctrine de la Commission.
Du côté de la direction du CIF, la potion est amère. «Nous avons le sentiment d’avoir été mis dans un corner par l’Etat», a regretté Bernard Sevez, nommé PDG depuis fin août en remplacement de Claude Sadoun. Membre du conseil d’administration depuis dix ans, il a défendu la spécificité du CIF, acteur de premier ordre dans le financement de l’accession sociale à la propriété et comptant 2.500 salariés.
Bernard Sevez a plaidé en faveur d'«un nouvel outil public (...) susceptible de garantir la continuité de financement de manière pérenne» et dont le CIF pourrait être «une nouvelle composante immédiatement opérationnelle». Un plan B que les actionnaires du CIF, les 56 Sacicap, ont déjà réclamé. Ramon Fernandez pour sa part a estimé qu’il fallait trouver «une autre configuration pour répondre à un besoin qui ne disparaîtra pas». Du côté des sénateurs, on en appelait hier à la Caisse des dépôts.
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