La mobilité fait bouger les parts de marché des banques
Alors que les banques françaises cherchent comment résister à la pression exercée sur les revenus de leurs banques de détail, le cabinet Bain & Company estime dans une étude publiée jeudi que 2 millions de clients changeraient de banque principale (domiciliation du salaire) chaque année, représentant un risque potentiel pour le produit net bancaire (PNB) des banques quittées et un levier de croissance pour les banques d’arrivée.
De plus, 700.000 jeunes ouvrent un nouveau compte chaque année, ce qui porte à 2,7 millions de clients la taille du marché annuel des nouveaux comptes. Alors que 2,4% de clients ferment leur compte chaque année, 3,9% d’entre eux changent de banque principale; le taux d’attrition réel est donc plus élevé que sa mesure classique, selon Bain.
L’impact de ces mouvements n’est pas neutre sur le PNB de la banque de détail, dans un marché très mature où 99% de Français détiennent un compte bancaire selon la Fédération bancaire française, qui chiffrait à 71 millions le nombre de comptes en 2013.
Bain constate en outre des écarts importants entre les types d’établissements en termes de conquête nette de clients, révélant une légère évolution des parts de marché en banque de détail. Sur les trois dernières années, le gain net de clients en banque principale par rapport à la base de clients existante est de 6% par an pour les banques en ligne. Ce gain est de 1,1% pour les banques mutualistes et affinitaires, quand les banques commerciales perdraient 1,6% de leur base de clients chaque année.
Si les banques en ligne plafonnent à ce jour à environ 1% du marché en banque principale et restent très modestes en stock par rapport aux grands réseaux d’agence, les flux de clients se déplacent un peu. Les groupes organisent parfois ces mouvements en interne puisque BNP Paribas invite certains clients à passer sous son enseigne Hello Bank.
Il est difficile de traduire l’impact sur le PNB de ces mouvements de comptes, qui ne sont toutefois pas négligeables selon Bain alors que la plupart des banques de détail annoncent viser des croissances annuelles de l’ordre de 1% seulement dans leurs plans stratégiques 2013-2016. En 2014, rappelle le cabinet, ce PNB s’est contracté de 3,4% sur un an dans les caisses régionales du Crédit Agricole, de 1,5% chez LCL, de 1,1% à la Société Générale et de 1% chez BNP Paribas.
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