La mobilité bancaire des clients sous le feu des critiques
Un an après l’entrée en vigueur, le 1er novembre 2009, des mesures censées favoriser la mobilité bancaire, l’UFC-Que Choisir a dénoncé hier dans une étude le non-respect des engagements des banques françaises. «En moyenne, aucune ne respecte plus du tiers de ses engagements», écrit l’association.
Les 115 associations locales de l’UFC-Que Choisir ont visité 1.746 agences pendant l’été. Leur constat n’est pas flatteur. Seules 14% des agences avaient disposé des informations sur le sujet (de 21% pour les Banques Populaires à 9% pour BNP Paribas). De même, deux tiers des conseillers n’ont pas spontanément évoqué l’existence du service.
En outre, la nouvelle banque ne se charge de l’intégralité du transfert que dans 39% des cas, contre 21% lors d’une précédente étude en 2004. Un mieux relatif, puisque la proportion de cas où l’enquêteur s’est vu expliquer qu’il devait effectuer lui-même les démarches passe de moins de 25% à plus de 26%. D’ailleurs, 60% des conseillers ne pouvaient pas récupérer la liste des opérations automatiques auprès de l’ancienne banque.
A la Fédération bancaire française (FBF), on pointe certains amalgames de l’enquête. «Certaines critiques ne sont pas fondées parce qu’elles ne correspondent pas à l’engagement pris par les banques», explique Pierre Bocquet, directeur de la banque de détail à la FBF, cité par l’AFP. Exemple: l’association souligne que seuls 13% des conseillers étaient en mesure d’effectuer les transferts dans la semaine. Or, le délai de cinq jours ouvrés porte sur la transmission des demandes aux créanciers ou débiteurs, et non pas sur la durée de l’ensemble du processus. De même, «l’affichage de la mobilité ne fait pas partie des engagements», remarque-t-on chez LCL. Querelle entre l’esprit et la lettre. Pierre Bocquet reconnaît néanmoins que des progrès peuvent être faits dans la communication.
Relevant le faible écart des notes séparant les banques les plus respectueuses des engagements (HSBC, suivie par LCL) et des banques qui s’y tiendraient le moins (la Banque Postale et BNP Paribas), l’association trouve en outre «très surprenant de constater qu’aucune banque n’a tenté d’utiliser la mobilité pour attirer des clients issus de ses concurrentes». Pour Alain Bazot, président de l’association, cela montre que «l’enjeu de fond, c’est le lien fondamental entre la mobilité et le niveau de tarification des frais bancaires».
Plus d'articles du même thème
-
Paris cherche à préserver un vernis de crédibilité budgétaire
Pour éviter que les taux s’emballent et ne pèsent encore davantage sur les coûts de financement de la dette, le gouvernement a présenté son budget 2027 avec 43 milliards d’euros d’économies et hausse d'impôts largement réparties, mais préservant les investissements dans la défense. -
Paramount s'ouvre au prix fort la voie à sa mégafusion avec Warner
Paramount a conclu, mercredi 30 septembre, un accord avec douze Etats américains, ouvrant la voie à sa fusion à 110 milliards de dollars âprement négociée avec Warner Bros. Discovery. Il vient aussi de boucler une émission de dette de 52 milliards de dollars. Mais ce rachat lui coûtera bien plus cher que prévu en raison de la hausse des taux d'emprunt. -
Oddo BHF nomme un nouveau directeur général
Gonzague Depouilly rejoint le pôle Corporate Finance, avec un périmètre centré sur l’énergie et la défense.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Spiritueux d'exception : le sacre des métiers d'art
Les premiers crus dévissent, mais dans les chais et les ateliers, maîtres assembleurs, cristalliers et moines façonnent de nouveaux objets de désir. -
Des Michel-Ange pur sucre
Longtemps éclipsés par les chefs cuisiniers, les pâtissiers sont devenus de véritables têtes d'affiche. Une revanche dopée notamment par les réseaux sociaux. -
La relève au bout des doigts
Afin d'assurer la continuité de leurs ateliers, les Maisons de luxe multiplient les initiatives pour transmettre leurs savoir-faire et donner envie aux nouvelles générations de faire carrière avec leurs mains.