La Macif reprend en main sa filiale spécialisée dans les risques d’entreprises

Les pertes de Macifilia pourraient atteindre 60 millions en 2010 en raison d’une croissance mal maîtrisée. L’assureur a lancé une revue stratégique
Alexandre Garabedian

Début janvier, Roger Iseli, directeur général de la Macif, avait dû monter au créneau pour démentir les rumeurs mettant en doute la solvabilité et la qualité des résultats de l’assureur sur l’année écoulée. Mais si le groupe s’attend à dégager un «résultat sensiblement positif», l’une de ses filiales au moins traverse des temps difficiles. Macifilia, créée en 2002 pour développer auprès de réseaux tiers (courtiers et partenaires) certaines activités d’assurances dommages que n’exerçait pas la Macif, s’enfonce dans le rouge.

Certaines sources internes jointes par L’Agefi évoquent le chiffre de 60 millions d’euros de pertes en 2010. Un montant non confirmé par le groupe, qui souligne que les comptes seront arrêtés en avril. En 2009, la société spécialisée dans les risques d’entreprises (flottes automobiles, par exemple) avait accusé près de 10 millions de pertes.

La maison-mère a décidé de redresser la barre. Fin janvier, l’assureur a officialisé le départ d’Elisabeth Oberli, directrice générale de Macifilia. C’est le directeur général adjoint de la Macif en charge du pilotage économique, Jean-Marc Raby, qui a pris les rênes de la filiale, par intérim. «Le résultat technique s’est dégradé en 2010, reconnaît Jean-Marc Raby. Nous avons lancé une analyse complète du portefeuille, afin de prendre les mesures nécessaires et éventuellement de réviser le modèle de la société, au plus tard d’ici à juin».

Un développement commercial mal maîtrisé explique ces difficultés. «On a privilégié la croissance du portefeuille au prix d’une mauvaise sélection des risques», déplore une source. Entre 2009 et 2010, le volume des primes s’est accru de 134 à 180 millions d’euros environ. Ce sont les contrats engrangés au deuxième semestre 2009 et courant 2010 qui ont conduit à la dégradation du taux de sinistres. Macifilia se trouve d’autant plus exposée aux variations de sinistralité qu’elle n’a pas encore atteint la taille critique. Son point mort se situerait plutôt à un niveau de chiffre d’affaires de 100 millions d’euros supérieur.

Macifilia n’est pas la seule filiale du groupe à chercher sa voie. En 2009, la Macif a pris le contrôle d’une société d’assurance dommages portugaise, la Sagres, qui avait affiché cette année-là un déficit de 8 millions d’euros. Vu la situation économique du Portugal, de nouvelles pertes seraient à prévoir en 2010.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...