La Macif prudente malgré un retour aux bénéfices

L’assureur mutualiste a bénéficié d’une meilleure politique tarifaire. Le pôle épargne souffre, à l’image de ses rivaux
Antoine Landrot

La Macif reverdit. Après avoir accusé une perte de 44,5 millions d’euros au premier semestre 2011, elle enregistre un bénéfice net semestriel de 73,7 millions cette année, malgré un revenu (c’est-à-dire les primes acquises) en recul de 3,3% à 2,8 milliards.

Le redressement de ses comptes est notamment le fruit de hausses tarifaires en assurance habitation, où les cotisations acquises ont progressé de 4,1% (à 325 millions d’euros), et en auto (+0,3% à 940 millions). Le chiffre d’affaires total en assurance dommages progresse de 2% (à 1,48 milliard d’euros) malgré Macifilia (-34%), filiale qui a encore pesé sur les comptes en raison de l’assainissement de son portefeuille de contrats.

A l’instar de la plupart de ses concurrents, le groupe mutualiste enregistre sa plus forte progression en santé et prévoyance, qui confirme, s’il en était besoin, son rôle de relais de croissance (+8,1% à 294 millions d’euros, grâce notamment à l’intégration ce semestre de la Mutuelle Nationale des Fonctionnaires des collectivités territoriales. Cette activité a pesé 11% du revenu de la Macif au premier semestre 2011, contre seulement 8,1% un an plus tôt.

L’activité commerciale du groupe n’est pas la seule cause du retour aux bénéfices du groupe. La marge technique s’est améliorée de 23,3% (en valeur absolue), à -357 millions d’euros, grâce à la réduction de la sinistralité en assurance dommages et à «la progression limitée des retraits des épargnants dans la branche épargne», indique la Macif dans un communiqué.

Cette dernière n’est toutefois pas immune au recul général de l’assurance-vie en France. La collecte de la Macif recule de 13% au cours du trimestre, à 991 millions d’euros. Selon les chiffres de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) et du Groupement des entreprises mutuelles d’assurances (Gema), le marché hexagonal a reculé de 15% au cours des six premiers mois de l’année en raison de l’état durablement déprimé des marchés actions et des incertitudes sur la fiscalité de l’assurance-vie.

Pour le semestre à venir, la Macif incite à la prudence. «Ce résultat, s’il confirme le redressement tendanciel de la rentabilité technique du groupe, doit toutefois être considéré avec prudence, les exercices passés ayant montré que les résultats en année pleine n’étaient pas toujours à l’image de ceux du premier semestre».

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