La Macif creuse ses pertes au premier semestre
Comme chaque semestre depuis qu’elle est passée en normes IFRS, la Macif publie discrètement ses comptes sur son site internet. En perte au 30 juin 2010, mais bénéficiaire sur l’année, le groupe d’assurances mutualiste a vu son déficit se creuser un an plus tard.
Ce dernier s’est accentué de 67% à 44,5 millions d’euros. La crise de la dette souveraine n’y est quasiment pour rien: la Macif a en effet passé 13,6 millions d’euros de dépréciation sur ses titres grecs, dont l’effet sur le résultat net se limite à 2,3 millions d’euros. Ces montants n’empêchent pas la marge financière de progresser de 25%, à 453 millions d’euros. «Cette progression s’appuie […] sur la croissance des plus-values de cessions réalisées par les entreprises d’assurance. Elle bénéficie également d’un impact de la mise en juste valeur supérieur à celui du 1er semestre 2010», indique le mutualiste dans son rapport.
En revanche, la dégradation de la marge technique s’accentue. La perte atteint 466 millions d’euros. Quasiment toutes ses composantes sont en recul: non seulement les cotisations acquises se replient de 6% à 2,86 milliards d’euros alors que les charges de prestations ne diminuent guère (elles pèsent 103% des cotisations, contre 103,7% au premier semestre 2010), mais le solde des cessions en réassurances est déficitaire de 50 millions d’euros, alors qu’il avait généré un produit de 30 millions d’euros nets un an plus tôt. Les frais d’acquisition et d’administration des contrats, eux, restent presque stables (+0,4%).
La dégradation des comptes est le fait de la branche dommages. Celle-ci fait plus que doubler ses pertes, à 70,4 millions d’euros, par rapport au premier semestre 2010. Une situation que la Macif explique par «la constatation d’une provision sur le risque sécheresse à hauteur de 30 millions d’euros et la dégradation du solde de réassurance en l’absence d’événement climatique majeur». La filiale Macifilia, dont L’Agefi avait révélé les problèmes, affiche aussi de lourdes pertes. Hors événement climatique, le groupe souligne que la sinistralité IARD s’améliore légèrement.
L’épargne a également souffert. Le taux de sortie rapporté aux provisions mathématiques d’ouverture augmente de 0,92 point à 12,97%. La collecte nette reste positive à 308 millions d’euros. La contribution de l’activité au résultat net atteint 20 millions, contre une perte de 1,7 million au 30 juin 2010.
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