La loi Dodd-Frank change la donne sur les rémunérations dans les banques
La direction et le conseil d’administration de Citigroup ont appris mardi à connaître à leurs dépens un effet de la nouvelle loi Dodd-Frank d’encadrement du secteur financier aux Etats-Unis. Réunis en assemblée générale à Dallas, les actionnaires ont voté contre les rémunérations versées aux dirigeants de Citigroup au titre de 2011. Des émoluments rejetés par 55% des voix par ce vote «say on pay», instauré par la loi.
Bien que ce vote de défiance ne soit pas contraignant pour la banque, le président sortant du conseil d’administration, Richard Parsons (remplacé par Michael O’Neill à l’issue de la réunion) a assuré que la fronde des actionnaires constituait un «sujet important» qui doit inciter la banque à «opérer des changements». Le dirigeant a promis des réunions de consultation avec les représentants des actionnaires afin que Citigroup s’assure de «bien comprendre leurs inquiétudes». A ses yeux, la brouille est avant tout un souci de communication.
Le directeur général Vikram Pandit notamment avait obtenu le versement d’un salaire de 14,8 millions de dollars pour l’exercice écoulé, après avoir perçu un dollar symbolique pour 2010 et moins de 130.000 dollars pour 2009. Les actionnaires n’ont visiblement pas supporté le retour à des niveaux de rémunération pour les principaux cadres dirigeants comparables à ceux antérieurs à la crise et au sauvetage de la banque par les deniers publics. Un mois après avoir vu son projet de hausse du dividende et de rachat de titres repoussé par la Réserve fédérale sur fond de craintes sur la solidité du bilan, Citigroup a évoqué un décalage à 2013 d’un éventuel retour d’argent aux actionnaires.
ISS et Glass Lewis, deux cabinets influents de conseil aux actionnaires, s’étaient exprimé contre le plan de rémunération de Citigroup, avançant qu’il ne conditionnait pas suffisamment les salaires à des objectifs mesurables de création de valeur pour l’actionnaire. ISS a souligné que seules 41 sociétés au sein de l’indice Russell 3000 avait subi un vote négatif l’an passé pour les rémunérations 2010, première année pour laquelle s’appliquait la nouvelle loi. A l’image de la pression exercée chez Citigroup, les actionnaires de banques devraient cette année exprimer plus clairement leur grogne. Aux Etats-Unis pour l’instant, puisqu’en France, le «say on pay» n’est pas encore entré dans la loi ni dans les mœurs.
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