La liquidité du Crédit Agricole rassure les marchés
Le Crédit Agricole a répondu aux attentes du marché en fournissant hier, lors de la publication de ses comptes du deuxième trimestre, des éléments rassurants sur sa solidité financière. Pour preuve, le titre s’est envolé de 11,1% hier après-midi, pour clore la séance à 6,51 euros (+4,81%).
Les attaques de ces dernières semaines menées en Bourse contre les valeurs bancaires, particulièrement françaises, étaient relatives à la capacité des établissements à se refinancer. Sur ce point, la direction a assuré que la banque pourrait compenser un gel des liquidités sur le marché monétaire américain, notamment en ayant diversifié ses sources de financement en dollar en Asie et au Moyen-Orient, mais également dans d’autres devises. «Le dollar représente 33% de nos besoins court terme», affirme Michel Mathieu, directeur général délégué de Crédit Agricole SA (CASA), la structure cotée de la banque verte.
Autre élément de preuve, l’établissement ajoute que sa dépendance à l’égard des fonds monétaires américains (money-market funds) atteint 36 milliards de dollars (25 milliards d’euros). Un montant jugé faible dans la mesure où «le groupe dispose de plus de 120 milliards d’euros de réserves de liquidités immédiatement disponibles, dont plus de 80 milliards sont mobilisables en 24 heures», assure Michel Mathieu. «Nous déposons tous les jours 15 milliards de dollars à la Réserve fédérale», précise-t-il.
Tous termes confondus, la devise américaine ne représente que 15% de l’ensemble des fonds levés depuis le début de l’année. Concernant les refinancements à moyen et long terme, le Crédit Agricole avait déjà réalisé début août 86% de son programme de levées pour 2011, soit 23,3 milliards d’euros: 90% du financement sur les marchés et 71% des levées provenant des caisses régionales et de LCL (voir graphique).
Dernier point concernant la structure financière, le groupe a également renforcé sa solvabilité. Le ratio de fonds propres purs core tier 1 a progressé de 20 points de base (pb) au deuxième trimestre et 50 pb au premier semestre; il atteint 8,9%. Enfin, la banque était également attendue sur la réduction de ses risques: les encours pondérés liés à l’activité (ce qui exclut les encours liés aux certificats coopératifs émis par les caisses, amenés à être remplacés par un système de garanties internes appelé «Switch» - L’Agefi du 25 février) ont reculé de 1,8%, à 319,5 milliards d’euros.
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