La libéralisation des banques russes compromise par la chute des actions
La chute des marchés actions met en péril les plans de libéralisation de banques russes. Mercredi dernier, VTB a affiché son intention d’émettre 5 milliards de roubles (125 millions d’euros) d’obligations à 3 ans dont le rendement doit être corrélé à la performance de l’indice Micex. Or, ce dernier est tombé jeudi dernier à son plus bas niveau depuis octobre 2011, accusant une baisse de 9,3% depuis le début de l’année et de 21% depuis son plus haut niveau de 1.639,6 points atteint le 15 mars dernier, une semaine après l’élection de Vladimir Poutine comme président.
Le coût effectif de cette émission pour VTB serait de 6,67% en termes annualisés, selon Dmitry Dudkin, responsable de la recherche obligataire chez UralSib Financial. «L’obligation est destinée à réduire le coût de financement», indique-t-il. A titre de comparaison, le rendement de l’obligation de maturité 2013 émise par VTB est de 8,3%. Le Micex a chuté de 18% sur les cinq dernières années, alors que l’indice synthétique JPMorgan retraçant la performance des obligations libellées en roubles a enregistré un gain de 48%.
«Les conditions de cotation ne sont pas favorables aux investisseurs» estime cependant Dmitry Dudkin. Une opinion partagée par Barclays Capital qui fait valoir que «compte tenu de la faible visibilité sur les marchés, l’appétit des investisseurs devrait être réduit pour ce type d’instrument complexe et à la liquidité incertaine». Et d’ajouter que si un investisseur «anticipe que les marchés ont atteint un plus bas, ils ont plus intérêt à investir directement sur le marché actions, plus liquide».
Dans le même temps, le processus de privatisation de Sberbank est également compromis par la chute de son cours ainsi que par l’incertitude entourant la formation d’un nouveau gouvernement. Celui de Dmitri Medvedev a lancé un plan de privatisation des banques comprenant la réduction de ses participations en dessous du seuil de 50%.
La deuxième banque russe a reporté la vente d’une participation de 7,6% de son capital en raison de la montée de la volatilité. Une participation dont la valorisation est tombée à 4,3 milliards de dollars à la suite de la chute de l’action de 9% jeudi dernier à 78,2 roubles. Un cours bien loin des 100 roubles visés par la banque. «Il serait fortement dommageable de céder Sberbank aux niveaux actuels», a averti son patron German Gref.
Plus d'articles du même thème
-
ABP ajoute 3 milliards d'euros d'hypothèques dans son portefeuille
Cette transaction constitue l'une des plus importantes acquisitions de portefeuilles hypothécaires aux Pays-Bas ces dernières années, selon son gestionnaire APG. -
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt