La hausse du yuan n’entame pas le dynamisme commercial chinois
Les intérêts sino-américains semblent converger à nouveau. Alors que se tient le troisième dialogue stratégique et économique entre les deux pays, Pékin a fait état hier d’un excédent commercial de 11,4 milliards de dollars en avril, alors que les analystes tablaient en moyenne sur un montant nettement plus modeste de 3,2 milliards de dollars. Ces chiffres permettent de compenser largement le déficit commercial de 1,02 milliard enregistré au premier trimestre, et redonnent des marges de manœuvre aux autorités chinoises pour poursuivre la réévaluation du yuan comme arme de lutte contre les tensions inflationnistes.
Dans le détail, les exportations ont progressé à un rythme annuel de 29,9% (contre 21,8% attendu) pour atteindre un niveau record de 155,7 milliards de dollars. Les importations ont, quant à elles, augmenté à un rythme moins soutenu de 21,8%. «Ces chiffres montrent que les exportateurs chinois continuent de bénéficier d’un taux de change favorable», estime Brian Jackson, économiste chez Royal Bank of Canada à Hong Kong.
L’excédent commercial vis-à-vis des Etats-Unis a grimpé de 16% pour atteindre son plus haut niveau depuis novembre dernier, malgré une hausse du yuan de 1% contre dollar sur le mois et de 1,8% depuis le début de l’année. Néanmoins, l’euro s’est apprécié dans le même temps de 10%, le dollar australien de 7,5%, la livre sterling de 6,5%, le dollar canadien de 6%, et le real brésilien de 5,5%. «De quoi fournir aux autorités américaines un argument supplémentaire dans le débat sur le yuan», estime Aurel BGC.
Mais la Chine y trouve également un intérêt, comme le souligne Brian Jackson. «La bonne résistance du commerce extérieur chinois devrait persuader les autorités qu’une appréciation du renminbi peut être absorbée par l’activité et constitue un rempart contre les pressions inflationnistes.» Le vice-Premier ministre chinois, Wang Qishan, a ainsi réaffirmé que la lutte contre l’inflation demeure la priorité du gouvernement. «Pour cela, nous devons nous servir de la politique monétaire, de la politique budgétaire, et de restructurations économiques», a-t-il précisé.
Une arme qui serait néanmoins temporaire selon China Business News qui indique que la Banque populaire de Chine pourrait suspendre le resserrement monétaire lorsque le prix de l’immobilier et ceux des produits alimentaires cesseront de grimper pendant 3 mois consécutifs.
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