La France et la Belgique sont au chevet de Dexia
Dexia monopolisera l’attention en ce début de semaine. En marge de la réunion de l’Eurogroupe aujourd’hui et demain, les ministres des Finances belge et français, Didier Reynders et François Baroin, devraient discuter de l’avenir de la banque franco-belge, dont l’accès à la liquidité est rendu plus difficile à mesure que la crise des marchés financiers s’installe.
Si aucun des protagonistes ne souhaite confirmer l’information, se retranchant derrière la nature cotée de Dexia, le ministre belge a néanmoins livré des indications sur l’état des débats. «Nous sommes en train de regarder la banque dans son ensemble et de voir avant tout la meilleure manière de sortir de l’ornière […] On doit s’assurer de nouveau, comme en 2008, que si des problèmes arrivent […] les Etats, les partenaires de la banque Dexia, seront derrière la banque», a-t-il indiqué vendredi à la radio belge Première.
Les discussions vont donc bon train et les sujets sont d’autant plus nombreux que les différentes parties prenantes n’ont pas les mêmes intérêts. Les actionnaires de référence de Dexia sont en effet nombreux: les Etats français et belge, la Caisse des dépôts (CDC), les trois régions belges, le holding représentant les communes belges et l’assureur français CNP Assurances.
La direction de Dexia, tant du côté belge (le président du conseil d’administration Jean-Luc Dehaene) que du côté français (l’administrateur délégué Pierre Mariani), exclut toute scission – alors que l’opinion estime que les difficultés de Dexia depuis 2008, liées aux actifs toxiques acquis sur le marché américain, sont largement imputables à sa direction parisienne.
Si le réseau de banque de détail n’est présent qu’en Belgique et serait aisément cessible, la banque finance les collectivités locales des deux côtés de la frontière. En outre, un tiers des encours de DexMA (la société de refinancement qui émet des obligations sécurisées pour le compte de l’établissement) concerne les collectivités d’outre-Quiévrain.
La création d’une nouvelle banque exclusivement dédiée au financement des collectivités locales françaises, de même que l’ouverture du capital de DexMA à la CDC et à la Banque Postale sont loin des préoccupations des actionnaires belges. Il ne fait pas non plus l’unanimité côté français, la CDC et la Banque Postale goûtant peu de se retrouver liés à des structures dont l’avenir est mis en doute.
Plus d'articles du même thème
-
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin. -
« Le rattrapage des actions japonaises ne se limitera probablement pas à un an »
Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
CampagnesAnnie Genevard : « On ne peut pas rester à un tel niveau de conflictualité sur l'agriculture. Ce n'est pas sain »
La ministre de l'Agriculture défendra le texte de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut -
Think againPeut-on espérer de Donald Trump une « détente » ?
Ce scénario de « la stabilité stratégique constructive » avancé par Xi Jinping aurait de quoi séduire n’importe quel président normal, comme dirait l’autre. Mais l'Américain n’est pas normal. -
InterviewOthman Nasrou (Les Républicains) : « nos militants réclament la fin de la cacophonie »
Pour le secrétaire général de LR, l’objectif des élections internes des 8 et 9 juin est « d’avoir, avant l’été, un parti en ordre de bataille pour la présidentielle, redynamisé par l’élection de cadres motivés ».