La fiscalité pèse lourd sur les comptes du groupe Maaf
Thierry Derez, PDG de la Maaf, peut incriminer les choix fiscaux de Paris. L’impôt sur la réserve de capitalisation des assureurs est responsable du recul du bénéfice net du mutualiste. Il consiste en un forfait de 10% sur le stock de réserves au 31 décembre 2009, soit 50 millions d’euros, et de 34,4% sur la dotation de 2010.
La Maaf subit au total un surcoût fiscal de 57 millions d’euros, qui vient en déduction de son résultat courant. En conséquence, le résultat net a reculé de 18,8% par rapport à 2009, à 134 millions d’euros. Sans cet élément exceptionnel, le bénéfice aurait progressé de 15%.
Contrairement à la Macif, qui publie ses comptes en normes IFRS et avait comptabilisé un impôt de 34% sur l’ensemble de la taxe, la Maaf n’a pu effectuer de reprise d’impôt différé. Cette possibilité avait permis à la Macif d’enregistrer un résultat exceptionnel de 191 millions d’euros.
La Maaf a également souffert, comme l’ensemble du secteur, des conséquences des inondations dans le Var et de la tempête Xynthia. Elles ont coûté 44 millions d’euros nets et ont provoqué à elles seules l’augmentation de 1,5 point de pourcentage du ratio combiné, qui atteint 102,4% fin 2010. L’objectif initial de passer sous la barre des 100% («Cap 99») n’a donc pas été atteint. «Le choix de ne pas augmenter nos tarifs dans l’assurance automobile pour la sixième année consécutive nous a coûté un autre point de ratio combiné», précise Etienne Couturier, directeur général délégué du groupe. Cela dit, l’expérience ne sera pas réitérée, les tarifs ayant augmenté de 2% en 2011.
La Maaf a continué de réduire sa dépendance envers l’automobile, qui représente encore 36,6% des revenus. Ceux-ci ont progressé de plus de 25% en vie (à 928 millions d’euros), contre seulement 3,4% en non-vie, dont 2,3% en automobile (1,43 milliard).
L’assurance santé a souffert en nombre de bénéficiaires, mais sa contribution aux revenus a progressé (+7,5% à 454 millions) grâce à la hausse des tarifs. «Le métier devient très concurrentiel. On assiste à une forte poussée des banques et des courtiers sur internet avec des offres alléchantes. En outre, les pouvoirs publics poussent les accords de branche, alors que nous sommes peu présents dans les contrats collectifs», explique Etienne Couturier. Au total, les revenus à périmètre constant progressent de 8%, à 3,92 milliards d’euros. Le ratio de solvabilité reste stable, à 390%.
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