La finance reste le parent pauvre des négociations transatlantiques
Elle risque d'être la grande absente des négociations commerciales entre l’Union européenne et les Etats-Unis. La finance ne figure pas à ce stade au menu des discussions entre Washington et Bruxelles pour un accord de libre-échange qui ont débuté hier, l’administration Obama n’y étant pas favorable, contrairement aux Européens. Officiellement, le Trésor américain estime que la stabilité financière mondiale n’est pas négociable dans le cadre d’un accord commercial. Un obstacle de plus à la convergence réglementaire de part et d’autre de l’Atlantique.
Les industries financières américaine et européenne se montrent pourtant favorables à ce qu’un chapitre des négociations concerne leur profession. A Paris, on considère que l’accord serait un moyen de canaliser les velléités du Congrès américain. Celui-ci est toujours tenté de légiférer de manière extraterritoriale comme l’ont montré les règles Dodd-Frank, qui dans le domaine des produits dérivés ont des impacts significatifs pour les banques européennes traitant avec les contreparties américaines.
«L’administration Obama écarte la finance des discussions pour continuer à faire de son côté des lois qu’elle considère comme étant plus strictes qu’ailleurs, même si ce n’est pas toujours le cas, et pour les exporter dans le reste du monde», estime un banquier français. La Fed a par exemple annoncé il y a plusieurs mois des règles en capital beaucoup plus contraignantes qu’aujourd’hui pour les banques d’investissement étrangères actives aux Etats-Unis.
Autre exemple: tout en disant vouloir appliquer les normes Bâle 3 sur son sol, la Réserve fédérale prépare un ratio de levier très strict pour les grandes banques américaines, dont seront exemptés les petits acteurs locaux.
«Inclure la finance dans l’accord de libre-échange pousserait les Etats-Unis à des compromis sur ce type de mesures», poursuit le banquier. L’idée serait de trouver un système d’équivalence où, à partir d’un socle commun, les régulateurs reconnaîtraient mutuellement la validité de leurs règles.
«Les arguments du Trésor ne sont pas très crédibles, considère pour sa part Ken Bentsen, président de Sifma, l’un des lobbies de Wall Street, cité par le FT. Nous allons continuer à discuter avec les responsables» pour que l’accord prévoie un chapitre financier.
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