La finance britannique affiche des bonus en berne
Les salariés du secteur de la finance et de l’assurance britannique ont perçu 13 milliards de livres de bonus entre avril 2011 et mars 2012. En baisse de 9% sur une année, selon l’office national de la statistique britannique (ONS) qui publiait hier une étude sur cette question, ce chiffre représente toutefois quelque 36% du total des bonus versés aux salariés britanniques, tous secteurs confondus, en 2011-2012. Une somme rondelette quand on pense que seuls 4% des salariés travaillent dans cette industrie outre-Manche.
En moyenne, chaque employé de l’industrie financière a reçu quelque 12.000 livres, soit 1.500 livres de moins qu’en 2010-2011. L’écart avec les autres secteurs reste néanmoins important : le secteur mines et carrières, deuxième secteur le plus généreux outre-Manche, n’a attribué à ses salariés en moyenne que 6.900 livres l’an dernier tandis que le secteur de l’information et de la communication a rétribué ses troupes à hauteur de 4.400 livres en moyenne.
Au total, l’enveloppe des bonus, tous secteurs confondus, a progressé l’an dernier à hauteur de 3% pour atteindre 37 milliards de livres et le bonus moyen s’est situé aux alentours de 1.400 livres en 2011-2012. Si l’on exclut les services financiers, la hausse des bonus dans les autres secteurs est ressortie à 12% l’an dernier, égalant les niveaux atteints en 2007-2008, juste avant le déclenchement de la crise financière.
Dans cette cartographie des bonus, le secteur privé est largement plus rétribué que le secteur public, avec respectivement 1.700 livres comparé à 300 livres pour le secteur public. Le poids des banques partiellement nationalisées Lloyds Banking Group et RBS a cependant permis d’accroître les montants : à l’exclusion des services financiers, le bonus moyen pour un salarié du secteur public a atteint 100 livres l’an dernier.
Cette contraction des bonus des banquiers fait écho à une étude publiée en mai dernier par le cabinet d’études britannique CEBR : selon l’organisme, qui ne s’appuie que sur les activités financières wholesale, les banquiers londoniens ont perçu 4,4 milliards de livres de bonus en 2011-2012, comparé à 6,7 milliards en 2010-2011. Les enveloppes ne devraient pas excéder les 2,3 milliards de livres en 2012-2013, selon le CEBR.
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