La Fed se veut plus stricte que Bâle 3 sur la liquidité bancaire

La banque centrale américaine a soumis à consultation un projet de réglementation à laquelle ses protégés devront se soumettre dès 2017
Benoît Menou

La Réserve fédérale estime à 200 milliards de dollars le montant des actifs liquides supplémentaires que les banques américaines devront mettre de côté afin de respecter les mesures qu’elle a dévoilées hier. La Fed se veut ainsi plus stricte encore que Bâle 3.

En l’occurrence, la banque centrale américaine a présenté un plan demandant aux banques de détenir suffisamment d’actifs liquides pour leur permettre de tenir tête à une crise de crédit prolongée. Les banques devront être capables selon le projet de la Fed de faire face à leurs besoins de financement pendant trente jours. Un projet élaboré dans le sillage des nouvelles règles internationales Bâle 3 en matière de capital, mais comme l’a souligné le gouverneur de la Fed Daniel Tarullo, le projet américain est plus sévère que les normes internationales définies cette année tant en termes de calendrier que de définition d’un actif liquide de bonne qualité. Au total, les banques devraient consacrer quelque 2.000 milliards de dollars à ce coussin de sécurité.

Les banques américaines étant selon la Fed plus avancées que leurs concurrentes internationales en la matière, la banque centrale leur demande d’être prêtes dès janvier 2017, et non deux ans plus tard comme le prévoit le programme international. Quant à la nature des actifs concernés, il s’agit de cash, de dette gouvernementale américaine, de réserves banque centrale ou de façon plus limitée de la dette de sociétés para-publiques comme Fannie Mae et Freddie Mac.

Le conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale a adopté le projet à l’unanimité, donnant 90 jours au secteur bancaire pour transmettre ses commentaires. Ils ne manqueront pas, et seront, ou pas, pris en compte pour l’adoption de la réglementation définitive, qui doit en outre être approuvée par le fonds de garantie bancaire, la FDIC, et par l’Office du Contrôleur de la Monnaie. La réglementation devrait s’appliquer strictement pour les banques dont le montant des actifs dépasse 250 milliards de dollars, celles affichant un bilan de moins de 50 milliards en étant dispensé. La catégorie intermédiaire bénéficiera d’aménagements.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, a souligné qu’il s’agissait «d’instaurer pour la première fois aux Etats-Unis une exigence quantitative de liquidité aidant à rendre le système financier plus solide et plus sûr».

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