La décote de Deutsche Bank illustre les besoins d’une nouvelle stratégie
Deutsche Bank cherche à redresser la barre. Alors que le titre de la banque allemande a perdu environ 30% de sa valeur depuis un an, les deux co-présidents du groupe, Anshu Jain et Jürgen Fitschen, ont annoncé le 12 janvier en interne que Deutsche Bank présentera ses projets de restructuration aux investisseurs au deuxième trimestre, alors que la prochaine assemblée générale doit avoir lieu le 21 mai. Le précédent plan stratégique du groupe court jusqu’à fin 2015.
Dans cette nouvelle phase de sa stratégie, la banque pourrait supprimer des postes, arrêter certaines lignes de métier dans la banque d’investissement, et vendre des actifs parmi lesquels sa filiale Postbank, indique un proche, sans que cela ne soit confirmé par la direction.
Deutsche Bank est valorisée 34 milliards d’euros, soit 0,62 fois sa valeur comptable (ratio price-to-book), selon les données de Bloomberg. Parmi des acteurs comparables sur le marché ayant restructuré leurs activités, Barclays est actuellement valorisée 49,67 milliards d’euros, 0,75 fois sa valeur comptable. Bloomberg rappelle que cette banque a indiqué en mai 2014 vouloir réduire de 46% sa banque d’investissement. BNP Paribas est valorisée 57,92 milliards d’euros, soit 0,88 fois sa valeur comptable. UBS est valorisée 54,51 milliards d’euros, au-dessus de sa valeur comptable (1,44 fois). La banque suisse a développé l’activité de sa banque privée récemment et a arrêté la plupart de ses activités de trading de fixed income. Deutsche Bank affiche la valeur la plus basse dans un panel de neuf banques d’investissement globales, d’après un classement de Bloomberg.
Alors que ses revenus issus du trading baissent et que le coût des litiges augmente (Deutsche Bank affichait une perte nette de 92 millions d’euros au troisième trimestre du fait des amendes), les co-directeurs du groupe ont cru bon de préciser que la banque ferait face aux mêmes défis cette année que la précédente. «Les dirigeants de Deutsche Bank doivent réfléchir à la façon dont ils peuvent faire plus d’argent avec moins de capitaux dans la banque d’investissement. Un business model qui consomme autant de capital semble un peu daté», estime Guido Hoymann, analyste chez Bankhaus Metzler. «La banque doit être présente sur des activités moins consommatrices de capital», considère également Alevizos Alevizakos, analyste chez Keefe, Bruyette & Woods.
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