La croissance des banques japonaises se dessine en dehors de l’Archipel

MUFG, à l’image de ses principales rivales nippones, a relevé son objectif de résultat annuel et confirmé l’acquisition d’actifs auprès de RBS
Benoît Menou

L’international constitue un indispensable relais de croissance pour les banques japonaises. En témoignent les annonces faites hier par la plus importante d’entre elles, Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG).

Certes, son résultat net semestriel à fin septembre a plus que doublé (+153%) à 357 milliards de yens (3,2 milliards d’euros). Outre une bonne tenue de son trading obligataire, MUFG a tiré parti comme ses principales rivales d’une décrue des créances douteuses en parallèle à un repli des défaillances d’entreprises. De quoi relever (de 400 à 500 milliards de yens) son objectif de résultat net annuel à fin mars, à l’image de Sumitomo Mitsui ou Mizuho la semaine passée d’ailleurs.

Mais ces révisions impliquent la crainte d’un ralentissement de la croissance au second semestre fiscal, sous le coup d’un environnement économique délicat dans l’Archipel. Notamment du fait d’une frilosité des entreprises en termes d’investissement qui freine l’activité de crédit des banques, en repli pour le onzième mois consécutif en octobre. L’accélération de la croissance du PIB constatée au trimestre écoulé ne devrait être qu’éphémère.

Les banques nippones subissent dès lors une pression croissante pour tenter l’aventure internationale, même s’il leur faudra plusieurs années avant d’en récolter des «rendements décents» selon un analyste japonais de MF Global cité par Bloomberg. Alors que Mizuho a annoncé vendredi un investissement de 500 millions de dollars pour une part de 1,6% au capital de BlackRock, MUFG a été la plus active dans la quête de reconnaissance mondiale, particulièrement aux Etats-Unis.

Et la banque est de nouveau sortie du bois hier en faisant part de la signature très attendue d’un accord avec Royal Bank of Scotland pour l’acquisition d’un portefeuille de prêts d’un montant de 3,8 milliards de livres (4,5 milliards d’euros). Des prêts essentiellement liés au financement de projets dans les infrastructures ou l’énergie en Europe, au Moyen-Orient ou en Afrique. Un gage selon MUFG de sa volonté d’être un acteur mondial de référence sur le sujet.

La banque a par ailleurs assuré, à nouveau comme ses concurrentes, être en mesure de respecter les nouvelles exigences internationales en matière de fonds propres inspirées par le Comité de Bâle sans avoir à procéder à une nouvelle augmentation de capital.

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