La crise de la dette pèse lourdement sur l’activité des banques
Les résultats bancaires pour le deuxième trimestre, dont la publication a commencé cette semaine, sont marqués par la crise de la zone euro, la dépréciation de la monnaie unique et les sombres perspectives économiques. Les banques allemandes et suisses ont ouvert le bal. Elles seront suivies par la Société Générale ce mercredi 1er août, puis jeudi par BNP Paribas et Natixis, tandis que Crédit Agricole SA fermera la marche le 28 août.
Les revenus des activités de banque de financement et d’investissement ont particulièrement souffert. La Deutsche Bank et UBS en ont offert une parfaite illustration. Le bénéfice de Deutsche Bank avant impôt dans la banque d’investissement, l’un de ses moteurs de la rentabilité, a chuté de 63% à 357 millions d’euros contre 969 millions un an auparavant. «La crise de la dette souveraine en Europe continue de peser sur la confiance des investisseurs et l’activité des clients dans l’ensemble de la banque», ont déclaré Anshu Jain et Jürgen Fitschen, qui coprésident le directoire de la banque, dans un communiqué. Les revenus des activités de ventes et de transactions sur les produits de dette et sur d’autres supports ont chuté, la banque ayant réduit les prises de risques dans un contexte de contraction des volumes.
Deutsche Bank, dont le bénéfice net est ressorti à 661 millions d’euros au deuxième trimestre contre 1,2 milliard un an auparavant et 1 milliard attendu par le marché , a expliqué la hausse de sa base de coûts en dollar et en sterling par la baisse de l’euro. La banque allemande souligne que la faiblesse de l’euro a eu pour effet de gonfler ses coûts en dollar et en livre sterling.
«Les résultats sont plus faibles qu’anticipé, principalement à cause des coûts et du coût du risque», a commenté Philipp Haessler, analyste spécialisé d’Equinet. Les coûts sont supérieurs de 300 millions aux attentes, note de son côté Guido Hoymann, analyste de Metzler, ajoutant que les résultats ne semblent pas inclure une provision pour couvrir les coûts éventuels liés au scandale du Libor. Deutsche Bank a par ailleurs précisé que son ratio de fonds propres «core Tier 1" était de 10,2% fin juin, en précisant qu’il visait toujours un ratio de 7,2% en fin d’année sur la base de critères plus stricts.
Elle ajoute que la baisse prévue de son résultat net annuel devrait être atténuée par de nouvelles mesures de réduction des risques. En début d’année, le groupe avait dit tabler sur un bénéfice net d’environ 3 milliards cette année.
La veille, Commerzbank avait fait état de résultats trimestriels préliminaires inférieurs aux attentes des analystes à l’occasion de l’annonce de la cession de Bank Forum, sa filiale ukrainienne. La deuxième banque allemande a dit avoir conclu un accord avec l’investisseur ukrainien Smart Group au sujet de la vente de ses 96% dans Bank Forum pour une somme qui n’a pas été dévoilée. Cette cession devrait induire une charge avant impôts de 286 millions d’euros d’ici la finalisation de la transaction, dont une dépréciation de 86 millions qui sera passée dans les comptes du deuxième trimestre.
En Suisse, UBS a, elle-aussi, enregistré un bénéfice net en baisse à 425 millions de francs suisses, bien loin des 1,14 milliards attendus par les analystes. Outre les perturbations liées à la crise, la banque helvétique a perdu 349 million de franc sur l’IPO de Facebook. Elle déclare d’ailleurs qu’elle intentera une action visant le Nasdaq, la Bourse américaine qu’elle accuse d’une “grossière maladresse” lors de l’introduction du réseau social Facebook en mai.
Particulièrement touchées, ses activités de banque d’investissement ont affiché 130 millions de perte avant impôts contre un bénéfice de 730 millions de francs au premier trimestre.
«Cette semaine est marquée par une série de faibles résultats, mais la grande déception concerne la perte de la banque d’investissement avec des chutes de chiffre d’affaires dans presque toutes les activités» , a commenté Rainer Skierka, un analyste chez Bank Sarasin.
Pour l’avenir, la banque suisse s’est montrée prudente, indiquant qu’elle continuerait à améliorer son efficacité, sans autre précision. La banque, qui emploie 63.520 personnes, est en train de supprimer 3.500 emplois.
UBS a toutefois prévu de verser des dividentes en 2012, ce qui constituerait la deuxième distribution depuis l’éclatement de la crise financière qui a contraint l’Etat suisse à voler au secours de la banque.
Il y a deux semaines, son concurrent Credit Suisse a fait savoir qu’il couperait dans ses dépenses à hauteur de un milliard supplémentaire, l’une des mesures mises en œuvre pour renforcer son capital de 15,59 milliards de dollars et parmi lesquelles une réduction des effectifs est au programme.
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