La contre-performance du non coté masque la résistance de Rothschild & Co
Dans une année 2020 particulièrement difficile, Rotschild & Co a limité la casse. La banque affiche des revenus pour 2020 de 1,8 milliard d’euros, en baisse de 4% par rapport à l’année précédente. Le résultat part du groupe se monte à 161 millions d’euros, en baisse de 34%. Hors éléments exceptionnels – liés à la transition d’infrastructures informatiques -, le résultat net atteint 173 millions d’euros (-26%).
La plupart de ces baisses sont à attribuer aux métiers de capital investissement et de dette privée du groupe, qui représentent pourtant moins de 10% de son activité. Ceux-ci ont connu une baisse de 25% des revenus, à 147,9 millions d’euros. Si sur ces activités les revenus récurrents ont progressé de 24%, à 113,7 millions d’euros, ceux liés à la performance des investissements ont baissé de 68%, à 34,2 millions d’euros, contre 105,8 millions en 2019.
Comme au premier semestre, la banque attribue cette contre-performance à « la baisse des plus-values latentes et réalisées générées lors de cessions dans [les] fonds de private equity » et la variation du taux de change entre l’euro et le dollar « qui a négativement impacté certaines de nos positions non couvertes ». « La baisse de notre résultat net reste presque exclusivement lié à la baisse des revenus des métiers de capital investissement et de dette privée. Cette baisse ne nous inquiète pas, car ce sont en réalité des baisses conjoncturelles de plus-values latentes ou de carried interest », précise François Pérol, co-président du comité exécutif de Rothschild & Co. François Pérol ajoute rester « confiant pour 2021, avec des portefeuilles de participation très solides ».
Piliers stables
Hormis ces activités, les autres pôles de la banque ont bien résisté. Le conseil en fusions et acquisition et le conseil en financement ont procuré un revenu de 1,15 milliard d’euros à la banque, un chiffre en baisse de seulement 1% par rapport à 2019. Dans le détail, les revenus annuels de fusions-acquisitions ont atteint 766 millions d’euros, en baisse de 13% par rapport à 2019, « en ligne avec la baisse de 14% de la valeur enregistrée sur le marché mondial des fusions-acquisitions », précise la banque. Les revenus du conseil en financement ont, pour leur part, progressé de 33% par rapport à 2019, pour atteindre 380 millions d’euros. En 2020, l’activité de conseil en financement a été la meilleure jamais enregistrée par le groupe. « Cela est notamment dû au fait que les entreprises ont été très demandeuses de conseil pour lever des fonds ou de conseil pour se restructurer, pour celles qui en avaient besoin », indique François Pérol.
Enfin, la banque privée reste stable, avec des revenus de 499 millions d’euros. La collecte nette en 2020 s’est élevée à 0,7 milliard d’euros, mais a été grevée par une sortie nette de 1,8 milliard d’euros aux Etats-Unis, après le départ d’une équipe couvrant une activité de prestations définies (dite «Taft-Hartley»). En excluant cet épisode, la société a collecté 2,5 milliards d’euros. Les actifs sous gestion de la société se montent à 78,1 milliards d’euros au 31 décembre 2020, en progression de 3%. Ce chiffre comprend néanmoins une redéfinition des actifs sous gestion « pour mieux aligner les définitions existantes au sein du groupe », qui s’est traduit par une augmentation nette des actifs sous gestion de 1,7 milliard d’euros.
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