La consolidation anime le paysage mutualiste britannique
Une «supermutuelle», forte de 6 milliards de livres d’actifs, va voir le jour au Royaume-Uni. Family Investments, qui revendique plus de 2 millions de clients et sociétaires, va fusionner avec Engage Mutual Assurance, une mutuelle environ quatre fois plus petite (500.000 sociétaires et 1 milliard de livres d’actifs).
Les deux sociétés sont en bonne santé financière. Family Investments a dégagé un bénéfice d’exploitation de 19,8 millions de livres l’an dernier (+30%), tandis qu’Engage Mutual Assurance a généré un résultat de 12 millions de livres, portant ses réserves à près de 96 millions de livres.
L’opération rapproche deux acteurs aux profils complémentaires. Family Investments se présente comme un spécialiste des produits d’épargne. La mutuelle compte notamment plus de 1,2 million de contrats Child Trust Funds en portefeuille, un produit défiscalisé pour les moins de 18 ans désormais fermé aux nouvelles souscriptions. Pour sa part, Engage Mutual Assurance a développé une gamme de produits plus diversifiée (assurance vie, assurance santé, épargne…). Son activité principale concerne aujourd’hui l’assurance vie pour les plus de 50 ans.
Dans un entretien au Financial Times, le directeur général d’Engage Mutual Assurance, Peter Burrows, déclare que cette opération repose sur une logique d’échelle. Des synergies de coûts sont anticipées, ce qui devrait se traduire par des suppressions de postes. Selon les données de l’AFM (Association of financial mutuals) à fin 2013, le nouvel ensemble fusionné se place au quatrième rang du secteur sur le plan des actifs, derrière Royal London Insurance Group, Liverpool Victoria et Equitable Life. Avec 2,5 millions de sociétaires, cette nouvelle mutuelle sera de loin la première du pays pour sa base d’adhérents mais encore distancée en ce qui concerne le nombre de contrats. Liverpool Victoria et Royal London Insurance Group en comptaient 5,5 millions et 4 millions fin 2013 respectivement.
Ce rapprochement doit être approuvé par au moins les trois quarts des sociétaires des deux groupes et sa finalisation est attendue au cours du premier semestre de 2015. Il intervient dans un contexte réglementaire en évolution. Les fournisseurs de contrats Child Trust Funds devraient être sous pression l’an prochain lorsque les souscripteurs pourront transférer leurs avoirs sur Junior Isa, un produit plus flexible et moins coûteux.
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