La Coface recentre son activité vers l’assurance crédit
Deux mois et demi après le remplacement de son directeur général Jérôme Cazes par Jean-Marc Pillu, la Coface a livré hier quelques détails sur sa nouvelle stratégie. Celle-ci laisse peu de place aux ambitions de diversification du dirigeant évincé en décembre dernier. L’assurance crédit, son activité historique, redevient sa priorité. Elle a d’ailleurs généré 80% des 1,62 milliard d’euros de revenus en 2010.
Le projet d’agence de notation, cher à Jérôme Cazes, est ainsi abandonné, alors que la Coface avait déposé une demande d’agrément auprès du régulateur européen l’été dernier. «Le conflit d’intérêts est inhérent au modèle en vigueur, selon lequel l’agence est rémunérée par les sociétés qu’elle note», souligne Jean-Marc Pillu. Un tel projet aurait nécessité «une équipe distincte des experts en assurance-crédit. C’est une non-synergie».
C’est également pour défaut d’économies d’échelle que les activités de services sans lien direct avec l’assurance-crédit seront abandonnées (information classique et marketing, gestion de créances, etc.). Venant appuyer cette décision, les revenus des services, qui représentent 12% du chiffre d’affaires, ont reculé de plus de 10% (à 190 millions d’euros) en 2010.
La même approche est adoptée pour l’affacturage, mais elle aura des conséquences moins radicales dans la mesure où c’est dans cette division que les revenus (+19% à 121 millions) et le résultat opérationnel courant (+105% à 43 millions) ont le plus progressé. La Coface se concentrera sur les implantations les plus rentables (comme l’Allemagne, la Pologne et le Danemark) et porteuses de synergies.
A court terme, le plan de recentrage aura pour objectif de rendre «autonomes» les activités délaissées. Indispensable à leur désimbrication, notamment commerciale et informatique, ce processus vise, malgré la discrétion de la direction à ce sujet, à faciliter les cessions éventuelles. Et à rendre la Coface plus présentable en vue d’une éventuelle introduction en Bourse, à propos de laquelle ses dirigeants ont botté en touche. Le plan stratégique sera précisé et chiffré au cours du premier semestre, puis présenté dans la foulée.
Après un exercice 2009 marqué par la crise financière, qui avait provoqué une perte de 163 millions d’euros, la filiale de Natixis affiche un résultat net de 61 millions en 2010, grâce à une forte chute de son ratio sinistres sur primes (de 98% à 53%).
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