Les assemblées générales de l’organe central du Crédit Mutuel n’ont pas donné lieu, hier, à l’habituelle bataille de communication.
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Julien Beauvieux
Nicolas Théry, président réélu de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, lors de l’AG du 31 mai 2018.
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Crédit CNCM.
Arkéa et la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM) ont opté pour une forme de cessez-le-feu à l’occasion de l’assemblée générale (AG) 2018 de cette dernière. Dans le sillage de l’AG ordinaire qui se tenait hier matin, une assemblée générale extraordinaire devait pourtant voter certaines réformes statutaires, à commencer par une résolution mettant en place un mécanisme de retrait de confiance ou d’agrément à des présidents ou dirigeants de fédération, qu’Arkéa analysait comme une mesure de rétorsion à son égard. L’adoption du texte n’a donné lieu à aucun commentaire des deux parties.
Alors qu’Arkéa entend prendre son indépendance du reste du groupe, le nouvel article 33 des statuts permet au conseil d’administration de la CNCM de prendre ces dispositions «à titre de mesure de régulation» en cas de «situations difficiles» liées à un «problème d’honorabilité ou de probité», expliquait il y a quelques semaines la CNCM. Dans le cas du retrait de confiance à un président, son inéligibilité a été fixée à trois ans. Arkéa, dont les dirigeants avaient déjà dû faire face à des sanctions internes finalement invalidées par la justice, voyait au contraire dans le libellé un pouvoir «purement discrétionnaire» qui «pourrait priver le groupe Arkéa notamment de son président et de ses dirigeants».
Hier, les intéressés étaient pourtant animés par une volonté d’apaisement. «La CNCM n’a pas communiqué pour ne pas enflammer le débat», soulignait une source syndicale, qui se félicitait en outre de l’adoption d’une autre résolution visant à renforcer l’autonomie de décision des fédérations en terme d’emplois et de décisions stratégiques. «L’autonomie des fédérations est déjà réelle mais cela grave dans le marbre ce principe et cela envoie un message aux autorités de tutelle», estime la source.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, a souhaité ce lundi«le rétablissement ou l'établissement d’un dialogue plus serein entre la [CNCM] et Arkéa». Une source proche d’Arkéa, qui continue à travailler sur la mise en œuvre de son projet d’indépendance, a de son côté indiqué hier que le groupe breton «est passé à l’étape suivante». Représenté lors de l’AG extraordinaire de la CNCM, le groupe n’était en revanche pas présent à l’AG ordinaire pour signifier «sa volonté d’apaisement». Dans ce contexte, le mandat du président de la CNCM, Nicolas Théry, a été renouvelé et son rapport moral a été adopté à l’unanimité.
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