La City se prépare à une transformation coûteuse
Tant attendu, le rapport Vickers a donné hier le coup d’envoi d’une transformation radicale du secteur financier britannique. Au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, la publication de ce pavé de 363 pages ne pouvait sans doute pas plus mal tomber mais les experts s’accordent à penser que les conclusions auraient pu frapper encore plus durement le secteur bancaire outre-Manche.
De cette version finale, il faudra surtout retenir l’idée déjà avancée dans le rapport d’étapes d’une filialisation des activités de détail et de celles d’investissements plus risqués, préférée à une séparation pure et simple de ces deux métiers: les activités de dépôts disposeront ainsi d’un conseil d’administration propre. Mais, dans un effort de concession, le rapport n’a pas souhaité imposer de dispositif rigide. Chaque banque mettra donc en place son propre dispositif de filialisation des activités commerciales. Le rapport final a également réaffirmé la nécessité d’un relèvement des fonds propres durs des banques anglaises, à hauteur de 10% de leurs actifs risqués, ce qui va bien-delà des exigences de la nouvelle réglementation Bâle 3. Le rapport préconise aussi une capacité d’absorption des pertes équivalente à 17 à 20% de leurs actifs.
La commission bancaire britannique est aussi allée dans le sens d’une concurrence accrue du secteur en favorisant la possibilité pour un client de changer rapidement de prestataire bancaire ou encore en allégeant les conditions d’entrée de nouveaux acteurs dans ce secteur. Le rapport final n’a en revanche pas souhaité contraindre Lloyds Banking Group (LBG) à céder plus que les 632 agences déjà négociées avec la Commission européenne en échange de l’aide de l’Etat britannique, comme préconisé lors du rapport transitoire. Le gouvernement doit désormais trouver un accord avec LBG afin de s’assurer que l’entité à céder est suffisamment financée et recouvre au moins 6% de part de marché des comptes courants.
Les résultats de cette réforme, dont les coûts sont estimés entre 4 et 7 milliards de livres par an pour les banques britanniques - soit 15 à 20% des bénéfices du secteur en 2013 - ne sont pas attendus de sitôt. Si l’ICB (Independent Commission on Banking) souhaite que le gouvernement britannique fasse voter cette loi au plus vite par le Parlement, elle a néanmoins donné un large temps d’adaptation aux banques en fixant comme horizon une application d’ici à 2019.
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