La chute de Dexia provoque la liquidation de son actionnaire belge Arco
Après le Holding Communal, Arco est emporté par la tempête Dexia. Le groupe belge, créé en 1935 par le mouvement ouvrier chrétien, va proposer le 8 décembre à ses membres de prononcer la liquidation des trois sociétés coopératives qui le composent (Arcofin, Arcopar et Arcoplus) lors d’assemblées générales extraordinaires. Une décision qui, à terme, devrait coûter cher à l’Etat belge, où les différents partis peinent à concrétiser les discussions budgétaires préalables à la formation d’un nouveau gouvernement.
Arco, qui avait apporté en 2001 à Dexia la Bacob, est actionnaire à 13,81% de la banque franco-belge. A fin août, il détenait quelque 250 millions d’actions Dexia valorisées à près de 10 euros l’unité, alors que le titre de la holding traitait hier autour de 33 centimes.
«Sur base consolidée, c’est un maximum de 1,7 milliard d’euros du capital coopératif du Groupe Arco qui est touché dont 1,5 milliard a été apporté par les coopérateurs particuliers», estime le groupe dans un communiqué publié le 16 novembre. Or, à la différence des personnes morales, ces 800.000 particuliers bénéficient de la garantie d’Etat sur leurs parts sociales, dans la limite de 100.000 euros chacun. Soit une facture potentielle de 1,5 milliard d’euros pour la Belgique.
L’Etat fédéral va cependant gagner du temps. Le remboursement du capital ne sera possible qu’au terme de la liquidation, un processus qui devrait durer de deux à trois ans selon les estimations de la direction. La garantie ne jouera qu’après ce délai. Outre sa participation dans Dexia, le principal actif d’Arco est constitué de 8,79% dans Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension belge, valorisés 150 millions d’euros en Bourse. Reste qu’au terme du processus, la facture pour l’Etat belge risque de dépasser encore le milliard d’euros, estimaient hier des sources gouvernementales citées par L’Echo.
L’existence de cette garantie des porteurs de parts, qui ne date que de 2008, crée par ailleurs la polémique outre-Quiévrain. Les minoritaires de Dexia, obligés de prendre toutes leurs pertes, crient à l’inégalité de traitement des actionnaires. Hier, la fédération flamande des investisseurs (VFB), porte-voix des petits porteurs, a déposé une requête au conseil d’Etat pour faire annuler l’arrêté royal qui a institué la garantie. Elle lancera la semaine prochaine une deuxième procédure, en référé, devant les juges.
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