La Chine poursuit son offensive en Italie avec Mediobanca
Engagée dans la cession de ses participations industrielles, Mediobanca n’est plus tout à fait la tour de contrôle du capitalisme italien qu’avait bâtie son fondateur Enrico Cuccia. Il n’empêche, l’annonce mardi d’une prise de participation de 2% par la People’s Bank of China (PBOC) au capital de la banque d’affaires milanaise est riche de symbole. D’autant que cette opération a été menée le 14 octobre, jour de la visite du premier ministre chinois Li Keqiang dans la péninsule, avec la bénédiction des pouvoirs publics italiens.
C’est la Safe, l’administration en charge de gérer les réserves de change chinoises, qui a mené la transaction, confirmant ainsi sa diversification vers des actifs plus risqués et plus rémunérateurs que les Treasuries. Aux cours de Mediobanca le 14 octobre, le coût de cette prise de participation peut être évalué à 115 millions d’euros environ. Une goutte d’eau comparée aux montants investis par la Chine dans les plus grandes entreprises italiennes ces derniers mois.
Au printemps, l’autorité boursière italienne, la Consob, avait déjà révélé que Pékin avait franchi le seuil des 2% du capital des deux producteurs d’énergie Eni (2,1%) et Enel (2,07%), contrôlés par l’Etat italien. Cet été, d’autres fleurons de l’industrie italienne ont suivi le même chemin: le constructeur automobile Fiat, le fabricant de câbles Prysmian, et l’opérateur Telecom Italia. La banque centrale chinoise a également pris 2% du capital de l’assureur Generali, où Mediobanca a joué historiquement le rôle d’actionnaire de référence et de faiseur de rois. Pékin a enfin pris en juillet un gros ticket dans les infrastructures d’énergie en Italie: State Grid International Development, contrôlée par la Chine, a racheté pour 2,1 milliards d’euros 35% du capital de CDP Reti, la filiale de la Caisse des dépôts italienne qui porte les participations de l’Etat dans les gestionnaires des réseaux d’électricité et de gaz du pays, Snam et Terna.
Mis bout à bout, ces investissements dépassent 5 milliards d’euros. L’intérêt porté par la Chine à la troisième économie de la zone euro ne s’arrêtera pas là. La semaine dernière, le Premier ministre italien Matteo Renzi et Li Keqiang ont signé 14 accords d’une valeur estimée à 8 milliards d’euros. La Caisse des dépôts italienne a notamment noué un partenariat avec un autre investisseur de long terme, la China Development Bank.
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