La Chine ne fixera pas d’objectif d’octroi de crédit bancaire cette année
Chaque année, avant la fin février, la presse chinoise se fait l'écho d’un objectif fixé aux établissements du pays : le volume de crédit à délivrer au cours de l’année. Mais la tradition ne sera pas respectée en 2011. Ce quota est en effet absent de la feuille de route dessinée ce week-end par le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, à l’occasion de l’ouverture de l’assemblée annuelle du Congrès national du peuple.
Le régulateur bancaire chinois a confirmé dimanche l’abandon de cet outil à l’efficacité discutable. L’objectif fixé par Pékin a en effet été dépassé en 2010. Les banques ont distribué officiellement 7.950 milliards de yuans (1.210 milliards de dollars) de crédits l’an dernier, alors que la cible était fixée à 7.500 milliards de yuans. Mais au-delà de ce écart, les établissements bancaires ont fourni 3.470 milliards de yuans de crédits non comptabilisés dans leurs bilans, selon les calculs de la banque centrale de Chine. Ces crédits incluent notamment des garanties bancaires ou des «entrusted loans» (prêts entre sociétés soeurs via une banque). Au total, la masse de crédit a donc avoisiné 11.000 milliards de yuans.
A un moment où la lutte contre l’inflation, avec un objectif limité à 4% cette année, ressort comme étant un chantier prioritaire, Pékin a décidé de changer son approche du crédit bancaire. Afin de faire cesser cette course effrénée au crédit, les autorités ont relevé à plusieurs reprises les taux de réserves obligatoires des banques. Elles ont également poussé l’adoption de nouveaux instruments de mesure. Ainsi, la banque centrale a présenté en février un plan visant à comptabiliser le «financement national total» et non plus seulement le crédit bancaire. Ce nouvel indicateur inclut notamment les obligations d’entreprise ou les garanties bancaires.
De l’avis des banquiers et des autorités, ce nouveau système devrait freiner l’attribution de ce crédit. Le volume attendu pour cette année est estimé par le président de Bank of China à 7.000 milliards de yuans. Un contexte qui va pousser les véhicules de financement des gouvernements locaux à se tourner davantage vers les obligations que les crédits bancaires. Cela devrait réduire le risque d’une occurrence à grande échelle de créances douteuses dans le système bancaire, estiment les analystes.
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