La CDC propose d’amender le décret sur la centralisation du Livret A
Ces deux derniers jours, les acteurs du Livret A ont été auditionnés par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de décret relatif à la centralisation des encours du produit. Le sénateur Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat, a mis en avant mardi les besoins du monde HLM pour justifier un taux de centralisation minimum de 70%. La Caisse des dépôts (CDC) a présenté hier ses propositions de modification du décret (L’Agefi des 16 décembre et 6 décembre).
Son directeur général Augustin de Romanet milite pour la suppression du «corridor de croissance» de 2 à 3% des encours centralisés: ce corridor augmente la centralisation si la croissance des encours du Livret A sur une année est inférieure à 2%, et laisse les banques bénéficier de la totalité collectée au-delà de 3%. Le mécanisme est censé porter le taux de centralisation de 65% à 70% en 2018, objectif voulu par le décret.
Augustin de Romanet propose de le remplacer par un accroissement d’un point par an du taux pendant cinq ans, pour atteindre 70% dès 2016. «Le décret doit organiser plus systématiquement la montée à 70%», estime le dirigeant. Pour la CDC, le texte prévoirait en effet une stagnation à 65% dès lors que la collecte annuelle oscille entre 2 et 3%. Les 70% ne seraient atteints qu’en appliquant le seuil légal d’une centralisation de 125% des encours de prêts. «La borne de 3% bride la capacité d’adaptation de l’Etat», poursuit-il.
L’Etat supprimerait ses «marges de manœuvre pour intervenir par des prêts à long terme en dehors du logement social, comme les universités, les hôpitaux et les infrastructures de transport. Comment financer le Grand Paris sans recours au fonds d’épargne? La pérennité de ce type d’intervention est en cause», prévient Augustin de Romanet.
Le député Michel Bouvard, président de la commission de surveillance de la CDC, estime que «le fonds d’épargne ne doit pas être la variable d’ajustement des problèmes de liquidité des banques posés par Bâle 3». Si François Pérol, au nom de la Fédération bancaire française, en convient, il avertit cependant qu’«il faut prendre en compte tous les paramètres, y compris les préoccupations des banques françaises. Ne pas le faire serait une erreur, car ce sont elles qui financent l’économie».
L’Insee publie aujourd’hui le chiffre de l’inflation: il permettra de déterminer si le taux du Livret A restera à 1,75% ou passera à 2%.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsLe PS, plus à gauche que la réalité
Avec son programme économique pour 2027, le parti à la rose s'inscrit dans la pensée radicale que dénonçait Hayek : « imaginant que tout ordre est le résultat d’un dessein, les socialistes en concluent que l’ordre pourrait être amélioré par un meilleur dessein émanant de quelque esprit supérieur » -
Signal d'alarmePhilippe Juvin : « Il faut faire du budget 2027 une heure de vérité »
Philippe Juvin veut faire du budget 2027 un révélateur de la détermination des candidats à la présidentielle à redresser les comptes publics -
La Fabrique de l'Opinion« Le problème européen est double : trop de régulation et une mauvaise lecture du monde »
Franco Bernabe : « Pour le monde de l’énergie, c’est le pire cauchemar depuis la guerre du Kippour. La situation actuelle est bien plus fluide, plus instable, plus complexe et, objectivement, plus dangereuse que durant la guerre froide »