La CDC enfonce le clou dans le dossier du Livret A
Alors que la commission de surveillance de la Caisse des dépôts (CDC) se réunissait hier après-midi pour approuver la baisse, de 0,6% à 0,5%, de la commission que touchent les banques au titre de la distribution du Livret A, les responsables de l’institution ont renouvelé dans la matinée leur partenariat avec l’Union sociale pour l’habitat (USH).
A cette occasion, les protagonistes ont à nouveau rejeté la position des banques au sujet du taux de centralisation des encours du Livret A (L’Agefi du 6 décembre) et rappeler à l’ordre le gouvernement dans sa manière de conduire le dossier.
«Le gisement que représente l’épargne défiscalisée a vocation à être exploité au maximum au profit de l’intérêt général. La centralisation des encours du Livret A [et du LDD] représente la capacité pour l’Etat de continuer sa mission», a insisté Augustin de Romanet, directeur général de la CDC, soutenant ainsi les positions de l’USH. Le projet de décret soumis à consultation maintient un taux de centralisation à 65%, avec l’objectif d’atteindre au moins 70% à la mi-2017. Il rappelle également que le total des montants centralisés par la Caisse doit représenter au moins 125% des encours de prêts. Des garanties insuffisantes pour les responsables de la CDC comme de l’USH.
«Rien ne permet de dire dans le décret que le taux de centralisation sera effectivement porté à 70%; par ailleurs, les 125% risquent fort dans la pratique de se transformer en plafond», ironise Augustin de Romanet. En effet, le décret ne prévoit aucune sanction ni mesure de redressement en cas de non-respect des objectifs. Mieux, un simple «bilan» donnant lieu à un rapport sera établi si «pendant plus de douze mois consécutifs, la quote-part […] est inférieure au taux de référence de 70%». Autrement dit, «il suffit que le taux remonte à 70% pendant un mois pour enterrer tout rapport. C’est un leurre, d’autant que les besoins sont en hausse», explique le sénateur Thierry Repentin, président de l’USH.
Les protagonistes insistent également sur la nature minimale du ratio de 125%. «C’est parce que la CDC investit l’excédent centralisé que le fonds d’épargne peut notamment effectuer des prêts au monde HLM à des taux inférieurs au coût de la ressource, à 1,55%, ce qu’aucune banque n’est en mesure de faire», précise le sénateur. Sans compter les autres emplois de ces ressources : politique de la ville, plan hôpital 2012, ou encore le plan Université.
Plus d'articles du même thème
-
Berkshire Hathaway accélère ses rachats d’actions malgré un trimestre médiocre
La baisse des résultats du conglomérat américain provient en grande partie de la contre-performance de ses activités d’assurance et de réassurance. -
Le risque politique sur la tech tétanise Wall Street
Les actions américaines, notamment liées à l’IA, ont légèrement rebondi vendredi mais après une des pires chutes des valeurs technologiques la veille. Les investisseurs se veulent prudents malgré la baisse des valorisations. Les risques sont encore trop élevés. -
« La hausse des bénéfices du S&P 500 devrait surtout compenser des valorisations exigeantes »
François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Bras de ferPrimaire, immigration : sous pression, Edouard Philippe accélère
Critiqué pour ses propos sur l'immigration, déstabilisé par le débat sur la primaire, le candidat Horizons a cinq semaines pour s'extirper du piège -
EditorialProgramme de Jean-Luc Mélenchon : on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas
Après la publication de son programme et son meeting du Bourget, nous savons exactement ce qui nous attend si le candidat insoumis est élu président de la République -
AffichageProposition d'adoption d'une règle d'or en urgence : le coup de com' de Bardella
Le président du parti à la flamme réclame au gouvernement un projet de loi constitutionnelle pour adopter une règle d’or budgétaire. Objectif affiché : « avoir, dans un délai de quelques semaines, un cadre clair pour faire aboutir le budget 2027 »