La Bourse de Singapour souhaite avaler son homologue australienne

Singapour offre 8,4 milliards de dollars australiens, soit 48 dollars par action, pour prendre le contrôle de son homologue australienne
Patrick Aussannaire

Les marchés asiatiques prennent une nouvelle dimension. SGX, la Bourse de Singapour, est prête à offrir quelque 8,4 milliards de dollars australiens (AUD), soit près de 6 milliards d’euros, pour s’emparer de son homologue australienne, ASX. Ce premier regroupement d’importance de places boursières dans la région Asie-Océanie permettrait de créer le deuxième plus gros pôle de transaction asiatique derrière la Bourse de Hong Kong et la cinquième place mondiale, alors que la concurrence et la montée en puissance des plateformes électroniques de trading poussent les places à la consolidation.

L’offre annoncée aujourd’hui prévoit un financement mixte de cash et d’actions. SGX propose en effet de payer 22 AUD par action en numéraire et 3,473 nouvelles actions SGX pour chaque action ASX. Cette opération valorise la bourse australienne à 8,4 milliards AUD, soit 48 AUD par action, et offre une prime de 37% par rapport au dernier cours de clôture de vendredi de 34,96 AUD, alors que la cotation a été suspendue cette nuit suite à cette annonce. SGX pourrait financer l’opération par un prêt relais de 3,5 milliards AUD.

Les deux actionnaires principaux de la Bourse australienne sont le fonds d’investissement Perpetual, qui possède 4,98% de son capital, et la National Australia Bank qui en détient 3,1% selon Bloomberg. Si les analystes considèrent qu’une telle fusion permettrait aux deux places de développer leur potentiel de croissance en dépassant les frontières de leur marché domestique, la transaction doit encore passer le verdict des autorités australiennes. La différence de capitalisation boursière entre la Bourse australienne et celle de Singapour (6 milliards AUD contre 7,9 milliards), repose sur une différence de valorisation à 26 fois ses résultats pour la SGX contre 16 fois pour l’ASX.

Sous la houlette de son directeur général Magnus Böcker qui a été l’artisan du rachat de la Bourse des pays nordiques (OMX) par le Nasdaq en 2007, la Bourse de Singapour a l’ambition de devenir la «passerelle asiatique». Après avoir sensiblement amélioré ses systèmes de trading et ses commissions afin de faire face à la concurrence des plateformes alternatives de haute fréquence qui se développe en Asie, SGX a également scellé un accord avec le Nasdaq OMX pour offrir aux sociétés la possibilité d’être cotées simultanément sur les deux places boursières.

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