La Bourse de Singapour souhaite avaler son homologue australienne
Les marchés asiatiques prennent une nouvelle dimension. SGX, la Bourse de Singapour, est prête à offrir quelque 8,4 milliards de dollars australiens (AUD), soit près de 6 milliards d’euros, pour s’emparer de son homologue australienne, ASX. Ce premier regroupement d’importance de places boursières dans la région Asie-Océanie permettrait de créer le deuxième plus gros pôle de transaction asiatique derrière la Bourse de Hong Kong et la cinquième place mondiale, alors que la concurrence et la montée en puissance des plateformes électroniques de trading poussent les places à la consolidation.
L’offre annoncée aujourd’hui prévoit un financement mixte de cash et d’actions. SGX propose en effet de payer 22 AUD par action en numéraire et 3,473 nouvelles actions SGX pour chaque action ASX. Cette opération valorise la bourse australienne à 8,4 milliards AUD, soit 48 AUD par action, et offre une prime de 37% par rapport au dernier cours de clôture de vendredi de 34,96 AUD, alors que la cotation a été suspendue cette nuit suite à cette annonce. SGX pourrait financer l’opération par un prêt relais de 3,5 milliards AUD.
Les deux actionnaires principaux de la Bourse australienne sont le fonds d’investissement Perpetual, qui possède 4,98% de son capital, et la National Australia Bank qui en détient 3,1% selon Bloomberg. Si les analystes considèrent qu’une telle fusion permettrait aux deux places de développer leur potentiel de croissance en dépassant les frontières de leur marché domestique, la transaction doit encore passer le verdict des autorités australiennes. La différence de capitalisation boursière entre la Bourse australienne et celle de Singapour (6 milliards AUD contre 7,9 milliards), repose sur une différence de valorisation à 26 fois ses résultats pour la SGX contre 16 fois pour l’ASX.
Sous la houlette de son directeur général Magnus Böcker qui a été l’artisan du rachat de la Bourse des pays nordiques (OMX) par le Nasdaq en 2007, la Bourse de Singapour a l’ambition de devenir la «passerelle asiatique». Après avoir sensiblement amélioré ses systèmes de trading et ses commissions afin de faire face à la concurrence des plateformes alternatives de haute fréquence qui se développe en Asie, SGX a également scellé un accord avec le Nasdaq OMX pour offrir aux sociétés la possibilité d’être cotées simultanément sur les deux places boursières.
Plus d'articles du même thème
-
Le Canada se dote d'un fonds souverain pour renforcer son indépendance économique
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé la création d'un fonds d'investissement national. Son ambition est de renforcer l’indépendance économique du Canada en investissant prioritairement dans les entreprises et les infrastructures du pays. -
PARTENARIAT
Avis de convocation – Saint-Gobain
-
Wall Street sur le qui-vive avant les résultats des géants de la tech
Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms, qui publient leurs résultats trimestriels ce mercredi 29 avril, suivis d'Apple le lendemain, seront scrutés par les investisseurs. Depuis environ un mois, tous ont porté le S&P 500 vers des sommets historiques. Des bénéfices records sont attendus, mais aussi des dépenses d'investissement sans précédent, tirées par l'IA.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace