La BCE invite les banques italiennes à renforcer leurs fonds propres
La banque centrale européenne (BCE) qui assure depuis début novembre la supervision unique des banques de la zone euro, invite les banques italiennes à se recapitaliser. Elle a demandé à Monte dei Paschi di Siena (MPS) de porter son ratio de fonds propres «durs» (CET 1) à 14,3% pour renforcer sa solvabilité, a indiqué la banque vendredi. MPS affichait un ratio CET1 de 11,4% fin septembre, et un ratio CET phased-in de 12,8%.
La BCE l’a invitée à faire si elle le souhaite une contre-proposition et MPS précise qu’elle se prononcera le 16 janvier.
La banque italienne, la plus mauvaise élève des tests de résistance européens d’octobre qui avaient révélé un déficit en fonds propres de 2,11 milliards d’euros, a annoncé en novembre prévoir une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros pour cette année.
La BCE a adressé à chaque banque italienne le niveau de ses exigences en fonds propres, a rapporté vendredi le quotidien Il Sole 24 Ore, qui précise que ces nouveaux seuils devraient être appliqués dès février ou mars si les banques n’obtiennent pas une révision de la demande initiale. La BCE prévoit pour les 15 banques italiennes supervisées par Francfort un ratio CET1 de 10,5 % en moyenne, qui devra être plus élevé pour les banques les plus risquées.
Sur les 25 banques qui ont échoué aux stress tests parce que leur ratio CET1 était attendu inférieur à 8 % au 31 décembre 2016, 9 sont italiennes et ces dernières représentent le plus grand volume de déficit en fonds propres et les plus gros besoins en recapitalisation. Selon Il Sole, la BCE demande à UBI Banca de relever son ratio CET1 à 9,6%, et à Banca Popolare di Vicenza de porter le sien à 11,6%. Cette banque a répondu que son niveau de capital requis était «bien inférieur».
Les chiffres des exigences en fonds propres adressées aux autres banques n’ont pas filtré mais Banca Carige, dont les tests de résistance ont révélé un déficit de capital de 810 millions d’euros, a déjà annoncé son intention de lever 700 millions d’euros via une augmentation de capital. «Le fait que la BCE puisse demander à chaque banque d’avoir des ratios plus élevés ou moins élevés selon son niveau de risque est un élément supplémentaire d’instabilité», estime Fabrizio Bernardi, analyste chez Fidentiis Equities en Italie. Le titre MPS perdait 8,63% vendredi à la clôture à Milan.
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