La BCE allonge le calendrier de la revue des modèles internes des banques
Le chantier de l’harmonisation des modèles internes des banques de la zone euro prend du retard. Alors que la responsable de la supervision, Danièle Nouy, avait indiqué en novembre que le passage en revue de ces modèles prendrait «plus d’un an», la BCE a finalement allongé le calendrier de ce processus à quatre ans, selon un document d’appel d’offres obtenu par le Financial Times. Un délai qui tient compte de l’ampleur de la tâche, qui concerne 123 banques et plus de 7.000 modèles.
Montrés du doigt en raison des possibles erreurs ou des sous-estimations des actifs pondérés en risque, les modèles internes des banques sont au cœur des préoccupations des régulateurs. Outre le Comité de Bâle, qui doit publier d’ici à fin 2015 une consultation plus complète sur l’introduction d’un plancher de fonds propres pour les banques utilisant ces modèles, la BCE a de son côté lancé en 2014 ses premiers travaux sur le sujet.
La BCE a réalisé l’an dernier un bilan préliminaire et défini une procédure pour l’approbation de ces modèles, qui ont échappé à son examen lors de l’AQR. Reste alors la conduite des opérations. «L’examen [de la validation des modèles internes], pourtant défini comme une priorité pour 2015 au vu du grand nombre de modèles existants, constitue un objectif pluriannuel», souligne ainsi la BCE dans son rapport annuel de surveillance prudentielle.
A fin mars 2015, la direction générale «Surveillance horizontale & expertise spécialisée» employait 250 postes en équivalent temps plein, répartis dans dix divisions dont celle dédiée aux modèles internes. A l’instar de l’AQR, pour laquelle la BCE s’était adjoint les services du cabinet Oliver Wyman, la revue des modèles internes nécessitera aussi des ressources externes, mais d’une autre ampleur. Selon le document, la BCE envisage ainsi de recourir à dix fournisseurs.
Visant à corriger les «éventuelles insuffisances [de capital] découlant de l’utilisation de modèles par les banques», le processus pourrait cependant cibler en priorité les plus grands établissements, notent les observateurs. «Le délai dans la revue des modèles internes devrait bénéficier au secteur, car cela donnera plus de temps aux banques pour s’adapter aux demandes du superviseur», estiment cependant les analystes du réseau de courtiers ESN.
Plus d'articles du même thème
-
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Droit d'inventaireMégafeux : que valent vraiment les 116 000 hectares de forêt brûlés ?
Du stère de bois au plaisir de savoir qu’il existe une forêt, en passant par le puits de carbone, les mégafeux interrogent la valeur des écosystèmes et ce qu’on est prêt à payer pour les préserver -
Think againGuerre au Moyen-Orient, droits de douane, Fifa, IA, immigration et mégafeux… Un drôle d’été !
« Dans notre nouvelle ère, la vérité semble aussi partie à la plage. Mais justement, l’élection qui arrive doit déterminer si cette vérité va revenir à sa place au pouvoir ou si nous installons en majesté les drôles populistes avec leurs drôles de programmes » -
Peau de l'oursDésarmement du Hamas : malgré Donald Trump, rien n'est gagné
Alors que le président américain vante un accord inédit à Gaza, Israël et la milice se renvoient la balle