La Banque Postale temporise dans le dossier du CIF
La Banque Postale se hâte lentement dans le dossier du CIF. A l’occasion d’un conseil d’administration de La Poste, hier matin, le patron de la filiale bancaire, Philippe Wahl, a bien confirmé que l’Etat avait demandé au groupe de regarder «activement» un adossement du Crédit immobilier de France. Mais les travaux visant à pérenniser l’activité du prêteur spécialisé, dont le modèle économique n’est plus viable, n’ont guère avancé.
«Le dossier est en stand-by. La data-room pour l’examen des comptes n’est pas encore ouverte et La Poste n’a pas encore reçu d’appel officiel du CIF», confie un administrateur. Il faut dire que la Banque Postale, déjà sollicitée par les pouvoirs publics pour se substituer à Dexia Crédit Local, est fatiguée de jouer les pompiers de service du seul fait de sa riche base de dépôts. «On ne sentait pas hier un grand enthousiasme de la part des dirigeants du groupe», s’amuse le même administrateur.
La capacité du CIF à trouver un modèle économique pérenne qui se concilie avec celui de la Banque Postale reste au cœur des préoccupations. Entièrement tributaire des marchés pour se refinancer, le prêteur immobilier a touché ses limites en février lorsque Moody’s a menacé de dégrader sa note de quatre crans. Depuis, il a mandaté HSBC pour l’aider, «en retenant de façon prioritaire la solution d’un adossement à un autre établissement». L’Etat, qui contrôle indirectement la Banque Postale, fait pression en ce sens car les autres solutions – nationalisation ou garantie publique sur la dette du CIF – sont impensables en ces temps de disette budgétaire.
L’autre difficulté du dossier tient à la complexité de la gouvernance du Crédit immobilier de France. Son organe central, CIFD, est contrôlé à 100% par des sociétés coopératives pour l’accession à la propriété, les Sacicap, qui détiennent aussi en direct 49% du capital des 11 filiales régionales opérationnelles du groupe. Ces sociétés comptent elles-mêmes dans leur tour de table des représentants des collectivités locales et du monde HLM.
L’urgence est toutefois relative. L’une des deux filiales de refinancement du groupe, 3CIF, a emprunté 3,1 milliards d’euros à la BCE en février lors de la deuxième injection de fonds à un an de la banque centrale. Une somme suffisante pour «couvrir entièrement les échéances à court terme (2012) du groupe», souligne Tullett Prebon.
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