La Banque Postale se dote d’un spécialiste des réseaux et du mutualisme
Le successeur de Philippe Wahl au poste de président du directoire de La Banque Postale devait présenter un profil bancaire solide. A défaut d’être une personnalité de premier plan de la finance française, Rémy Weber, l’actuel dirigeant du CIC Lyonnaise de Banque, peut assurément faire valoir son parcours de banquier retail.
Né en 1957 et diplômé de HEC et de l’IEP d’Aix-en-Provence, Rémy Weber a fait ses débuts à la BFCE en 1983, avant un passage au Trésor entre 1985 et 1987. Ayant rejoint l’entité du CIC pour le Sud-Est de la France en 1993 en tant que directeur régional, il en prend la direction générale en 1999, puis la présidence trois ans plus tard. Selon la presse lyonnaise, le départ de Rémy Weber du CIC Lyonnaise de Banque aurait créé la surprise, certains lui prédisant un avenir au sein du Crédit Mutuel.
Le choix d’un spécialiste de la banque de détail familier du monde mutualiste pourrait rassurer les partenaires sociaux au sein de La Banque Postale et de sa maison mère. En août dernier, certains d’entre eux s’étaient inquiétés du profil de banquier d’investissement de Philippe Wahl, passé par Paribas, puis RBS entre 2007 et 2010, lorsque celui-ci a succédé à Jean-Paul Bailly à la tête de La Poste.
Reste à savoir dans quelle mesure Rémy Weber arrivera à prendre ses marques face à Philippe Wahl. Car en dehors de son passé chez RBS, l’actuel patron de La Poste a dirigé l’organe central des Caisses d’Epargne entre 1999 et 2004. Or l’un des gros chantiers du nouveau dirigeant sera la renégociation du pacte d’actionnaires et de distribution qui lie CNP à BPCE et à la Banque Postale. Outre ce dossier épineux, la mission de Rémy Weber sera difficile: il devra notamment porter la part de la filiale bancaire dans le résultat d’exploitation de La Poste de 46% aujourd’hui à 63% en 2018.
Officiellement mis en place en septembre 2013, le processus de sélection s’est voulu «exemplaire». Il a réuni le comité de nomination et des rémunérations du conseil de surveillance de La Banque Postale et les représentants des actionnaires de sa maison-mère – à savoir l’Agence des participations de l’Etat (APE), actionnaire à 75% du groupe La Poste, et la Caisse des dépôts (CDC), qui contrôle le solde du capital. Les recherches de candidats avaient été confiées au cabinet de recrutement Russell Reynolds. Le conseil de surveillance de La Poste devrait entériner ce choix aujourd’hui.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique