La Banque Postale prend du retard sur les objectifs du plan Ambition 2015
A peine arrivé à la présidence de la Banque Postale, Philippe Wahl fait face à des vents contraires. La banque pourrait en effet dégager dès 2011 des résultats bien inférieurs aux objectifs que lui avait assignés La Poste dans son plan Ambition 2015, qui a servi de base l’an dernier aux négociations pour l’entrée de la Caisse des dépôts au capital du groupe. C’est ce qui ressort du budget présenté hier lors d’un conseil d’administration de La Poste, et dont L’Agefi a pris connaissance en détail.
Le plan Ambition 2015 prévoyait que la filiale bancaire réalise en 2011 un résultat d’exploitation de 720 millions d’euros environ, équivalent à celui de l’an dernier. Mais le budget table sur un montant de l’ordre de 575 millions d’euros, soit 20% de moins.
Comment expliquer un tel écart ? Avant tout par la faiblesse des taux. Celle-ci pénalise la rentabilité de l’énorme portefeuille de placements de la Banque Postale, qui apporte bon an mal an à l’établissement la moitié de ses revenus. Le manque à gagner en produit net bancaire (PNB) a été évalué entre 160 et 170 millions pour 2011. Il faudra y ajouter une baisse de 60 millions des revenus liés au Livret A.
En face, la Banque Postale compte sur le développement de ses nouveaux métiers. L’encours des crédits à la consommation est attendu à 2 milliards d’euros fin 2011, contre 0,8 millliard fin 2010. L’assurance dommages vient d’être lancée en partenariat avec Groupama. Ensemble, les deux filiales pourraient apporter un surcroît de PNB de 50 millions.
L’activité de prêts à l’habitat continue par ailleurs sa croissance. Celle-ci est attendue à plus de 10% en 2011, avec un encours qui approcherait alors les 40 milliards en fin d’année, soit 5% de part de marché. La Banque Postale vise aussi sur une hausse de près de 4% des encours d’épargne et de dépôts à vue.
Au bout du compte, le PNB de la banque devrait à peine progresser, à 5,25 milliards, sous les 5,47 milliards prévus dans Ambition 2015. Et les charges augmentant, le coefficient d’exploitation remonterait de 85,3% à près de 88%.
La dégradation moins forte que prévu de l’activité courrier permettra tout de même à La Poste de dépasser de 90 millions la trajectoire fixée dans Ambition 2015, avec un résultat d’exploitation budgété pour le groupe à 600 millions. Mais ce dernier sera en retrait par rapport aux 770 millions estimés pour 2010.
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