La Banque Postale joue sur tous les tableaux pour renforcer son bilan
Pour la deuxième fois en un an, le groupe bénéficie d’un apport d’actifs de sa maison mère, en attendant l’ouverture du capital de sa filiale LBP AM
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Alexandre Garabedian
La Banque Postale vient de renforcer son capital par apport d’actifs pour la deuxième fois en un an. Photo PHB.
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La Banque Postale a une maison mère compréhensive et imaginative. Pour la deuxième fois en un an, la filiale bancaire de La Poste vient de renforcer son capital par apport d’actifs. Cette fois, c’est le fonds de caisse des bureaux de poste, servant chaque matin à assurer les opérations de dépôts et de retraits d’espèces des clients sur leur compte, qui a été mis à contribution.
Le 18 novembre, cette encaisse a été apportée à la Banque Postale. Impact: 623 millions d’euros de fonds propres supplémentaires, à comparer aux 5,75 milliards d’euros de fonds propres durs (common equity tier one, CET1) fin 2013.
L’opération «nous a permis de renforcer notre ratio de solvabilité de près de deux points. Cela devrait nous donner les moyens de nos ambitions pour les cinq prochaines années au moins», s’est réjoui la semaine dernière Rémy Weber, le président du directoire de la banque, dans un entretien aux Echos.
Fin 2013, la Banque Postale avait bénéficié de l’apport de son siège social à Paris, pour 228 millions d’euros. Elle avait également émis à cette occasion du capital hybride additional tier one pour 800 millions, souscrit par sa maison mère. A fin juin, la banque affichait un ratio de solvabilité confortable: 11,0% de ratio CET1 «fully loaded», contre un objectif à 9,5%. Elle a passé sans mal en octobre les tests de résistance de la BCE, avec un ratio qui tomberait à 9,14% à fin 2016 dans le cadre du scénario le plus stressant.
Mais La Banque Postale a des contraintes spécifiques. Son plan 2020 table sur une croissance de ses encours de crédit de 10% par an; sa part dans CNP Assurances lui coûterait plus cher en fonds propres si le «compromis danois» sur les participations des banques dans les assureurs sautait ; ses besoins en capitaux sont calculés avec un modèle standard aujourd’hui très sensible à la notation du Crédit Logement, et demain, aux réformes que vient de publier le Comité de Bâle. Enfin, compte tenu du poids du Livret A au bilan, son ratio de levier est faible: 3,07% à fin 2013.
Là aussi, la Banque Postale pourrait retrouver des marges de manœuvre. Le récent acte délégué de Bruxelles sur le levier permettrait à la banque de gagner 1,5 point de ratio en neutralisant l’effet Livret A. L’ouverture à 25% du capital de sa filiale LBP AM à Aegon apportera des fonds propres. Enfin, le Crédit Logement a retrouvé une notation AA, perdue en 2013, grâce à Moody’s et DBRS. La Banque Postale ne précise pas si cela aura un impact sur sa solvabilité.
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