La Banque d’Espagne complète sa surveillance du secteur bancaire
La Banque d’Espagne (BdE) n’attendra pas la BCE. Le superviseur local a décidé de pérenniser les tests de résistance menés sur le secteur bancaire local, alors que les résultats de l’examen des actifs bancaires (AQR) en Europe prévu par la BCE ne seront pas dévoilés avant un an. Hier, dans son rapport semestriel de stabilité financière, la Banque d’Espagne a publié les premiers résultats de ce «Flesb» (forward looking exercise on spanish banks), nouvel exercice «top down» censé mesurer les pertes de crédit en cas de dégradation de la conjoncture.
Dans le pire des trois scénarios envisagés, les pertes cumulées sur portefeuilles de crédit et sur les actifs mis en vente par les quinze principales banques du pays atteindraient 160,9 milliards d’euros entre 2013 et 2015. Ce scénario dit «adverse» reste loin des hypothèses envisagées par la Fed pour ses prochains tests de résistance, puisqu’il évoque une modeste rechute de l’économie espagnole en récession. Les prêteurs locaux auraient les moyens de faire face à ces pertes: ils pourraient s’appuyer sur 116,7 milliards d’euros déjà constituées à fin 2012 et sur 70,7 milliards de résultats attendus entre 2013 et 2015. Les schémas de protection des actifs mis en place au profit de certaines banques en difficulté pourraient procurer des ressources additionnelles, estimées à 2 milliards.
En parallèle, le superviseur espagnol a renforcé depuis plusieurs mois ses exigences. Il a publié en juin une directive limitant les versements de dividendes au sein des banques pas assez capitalisées, une jurisprudence que BBVA appliquera en janvier. Au printemps, la Banque d’Espagne a aussi révisé les règles de classification des prêts restructurés, règles applicables au 30 septembre.
Selon les premiers retours, les banques ont reclassé plus de 20 milliards d’euros de ces prêts en créances douteuses, portant le total à 92 milliards, et plus de 3 milliards en prêts «sub-standards» (à 41 milliards), tandis que les encours de prêts restructurés qui étaient considérés comme normaux ont fondu de 74 à 48 milliards. «Cette reconnaissance de la détérioration du risque de crédit impliquerait de passer 5 milliards d’euros de provisions additionnelles, un montant toutefois sujet à révision», a précisé hier Fernado Restoy, le sous-gouverneur de la Banque d’Espagne. Certains établissements, comme BBVA, ont déjà provisionné dans leurs comptes du troisième trimestre.
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