Julius Baer profite de l’appétit affiché d’Intesa Sanpaolo
Intesa Sanpaolo veut grossir dans la banque privée. La deuxième banque italienne a fait part jeudi de son intention d’acquérir une banque privée internationale d’une taille similaire ou inférieure à celle de sa propre activité dans ce domaine. Cette dernière est valorisée de 10 à 15 milliards d’euros en fonction des méthodes, selon l’administrateur délégué d’Intesa Sanpaolo, Carlo Messina.
«Une cible stratégique pourrait être une marque internationale afin d’avoir une diversification internationale via l’activité de gestion de fortune», a-t-il expliqué à Bloomberg. La direction d’Intesa Sanpaolo taille dans les coûts, fusionne des filiales et cède des actifs dans le cadre d’un plan à quatre ans qui vise des dividendes totaux en cash de 10 milliards d’euros. Intesa a publié la semaine dernière ses résultats du premier trimestre. Le bénéfice a doublé pour atteindre 1,06 milliard d’euros, au-delà des attentes des analystes, grâce à des revenus et des commissions de trading plus élevés, ainsi que des provisions pour créances douteuses réduites.
Le dirigeant a précisé sur Bloomberg TV ne pas avoir de dossier sur la table pour le moment. Mais il n’en fallait pas moins pour attiser les spéculations. L’action Julius Baer a été très entourée à la suite de ces déclarations. Le titre de la banque helvétique a progressé de 1,92% à 49,82 francs vendredi, lendemain de jour férié en Suisse. Cela fait plusieurs mois que l'établissement alimente la chronique.
L’intérêt de Credit Suisse a été évoqué, ce qui a conduit le patron de Julius Baer, Boris Collardi, à réaffirmer que la banque était d’une taille suffisante pour croître de manière indépendante. Un point sur l’activité des quatre premiers mois de l’année doit être publié demain. Contrairement aux commentaires ambiants, les analystes de Morgan Stanley continuent pour leur part à voir Julius Baer comme un «consolidateur de choix en Suisse».
Des acquisitions et des investissements dans les réseaux de banque privée en Asie ont permis à Julius Baer de gonfler ses actifs sous gestion de 89% à 291 milliards de francs suisses à la fin décembre 2014 comparé à il y a cinq ans, lorsque Boris Collardi a pris les rênes de l'établissement. La moitié de ces actifs se situe dans des «marchés de croissance» comme l’Asie.
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