JPMorgan donne un coup d’arrêt à son programme de rachats d’actions
Sur le gril depuis la mise au jour d’une perte de trading au sein du chief investment office (CIO) à Londres, Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan, veut donner des gages de bonne conduite. Il a fait part hier lors d’une conférence avec des investisseurs à Manhattan de la suspension d’un programme de rachats d’actions d’un montant de 15 milliards de dollars. «Nous avons l’intention de le relancer, mais nous ne souhaitons pas dire au public quand nous le ferons», a-t-il déclaré.
Alors que l’action JPMorgan a perdu près de 20% depuis l’annonce de la perte, le 10 mai dernier, il est probable que la Réserve fédérale a ordonné à l'établissement de cesser ses rachats d’actions, avance le courtier International Strategy & Investment Group. En revanche, le versement du dividende trimestriel ne sera pas modifié. Pour justifier cette suspension, la direction de la banque évoque l’impératif de Bâle 3.
«Nous avons pris l’engagement envers nous-mêmes et envers nos régulateurs que nous serions... sur la bonne trajectoire afin de respecter les normes de Bâle 3», a souligné Jamie Dimon. Selon les chiffres livrés par la banque, la perte ne devrait toutefois entraîner qu’un recul limité du ratio de fonds propres sur actifs pondérés, de 8,4% à 8,2% sous Bâle 3. Le groupe a en ligne de mire un objectif de 9,5%.
Cette conférence à New York a conduit Jamie Dimon à livrer quelques détails supplémentaires sur la perte au sein du CIO. Cette affaire est un «événement isolé», a assuré le PDG, ajoutant que le portefeuille de 350 milliards de dollars couvert par le CIO a une maturité très courte et une notation de crédit moyenne AA destinée à «gérer de manière très conservatrice» les risques de taux d’intérêt.
Chiffrée pour le moment par la banque autour de 2 milliards de dollars et potentiellement jusqu'à 3 milliards - une estimation jugée insuffisante par certains, Morgan Stanley évoque un montant de 5 milliards - cette perte pourrait être compensée par des gains non réalisés. Le CIO en détient pour 7 milliards de dollars mais Jamie Dimon juge cette solution «inefficace d’un point de vue fiscal». «Je veux aussi que nos équipes fassent ce qui est juste d’un point de vue économique», a-t-il conclu.
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