Jamie Dimon assure que la perte de trading de JPMorgan constitue un incident isolé
La perte de trading monumentale récemment dévoilée par JPMorgan constitue un incident isolé, et la banque américaine devrait rester «solidement bénéficiaire» au deuxième trimestre. C’est ce que son patron Jamie Dimon fera valoir aujourd’hui devant le Comité bancaire du Sénat.
D’après le discours préparé à l’occasion de son audition, rendu public hier soir, Jamie Dimon dira également à quel point la banque regrette ses pertes de trading, tout en soulignant qu’elles n’affecteront que les actionnaires et non les contribuables. «On ne peut jamais dire qu’on ne fera pas d’erreurs - en réalité, on sait qu’on en fera - mais on pense qu’il s’agit là d’un événement isolé», assure ainsi le dirigeant.
JPMorgan a reconnu le mois dernier avoir subi une perte de trading d’au moins deux milliards de dollars, conséquence d’une stratégie de couverture perdante. Dans ses éléments de discours, Jamie Dimon ne fournit pas de nouvelle estimation aux pertes subies par la banque, mais il souligne les progrès réalisés en matière de réduction du risque lié à ces positions de trading. «Notre bilan de forteresse reste intact», lit-on dans le discours. «Même s’il reste deux semaines à notre deuxième trimestre, nous s’attendons à ce que celui-ci soit solidement bénéficiaire», croit-il bon d’ajouter.
D’après Jamie Dimon, les pertes surprises de la banque résultent d’erreurs de calcul et de contrôles défaillants liés à sa décision de réduire le nombre d’actifs risqués détenus afin de se conformer aux nouvelles normes internationales prudentielles Bâle 3. Le dirigeant a expliqué que JPMorgan aurait pu simplement réduire le montant de ces actifs risqués dans son bilan, mais que la direction des investissements - remaniée depuis la révélation des pertes - s'était engagée, à partir du mois de janvier, dans une «stratégie complexe» consistant à ajouter de nouvelles positions dans l’objectif de compenser les actifs existants. «La stratégie n’a pas été soigneusement analysée ni soumise à des tests de résistance sévères (...) et n’a pas été passée en revue hors de la direction des investissements», précise Jamie Dimon, qui souligne que la banque avait enregistré «de réels progrès» dans la gestion et la réduction du risque lié à ces positions de trading. «Cela ne réduit certes pas les pertes déjà subies et n'écarte pas de futures pertes, mais cela réduit la probabilité et la magnitude de futures pertes», veut croire Jamie Dimon.
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