Intesa Sanpaolo remercie son directeur général Enrico Cucchiani
Enrico Cucchiani, directeur général d’Intesa Sanpaolo, a été remercié hier à l’issue d’une réunion d’urgence des instances dirigeantes de la première banque de détail italienne et remplacé par son numéro deux Carlo Messina. Prévue mardi 1er octobre, la réunion du conseil de surveillance a finalement été avancée à dimanche.
Bien que le communiqué de la banque ne fournisse aucune explication officielle à ce départ, le Financial Times avait fait état le 24 septembre de tensions avec le président du conseil de surveillance Giovanni Bazoli. Les différends auraient trait à la stratégie et au style de management. On reprocherait à l’ex-directeur général, nommé en novembre 2011 pour remplacer Corrado Passera (parti rejoindre le cabinet de Mario Monti), de prendre ses décisions en solitaire.
Quoi qu’il en soit, l’évolution des comptes d’Intesa ne plaidait pas en faveur d’Enrico Cucchiani. Lesté par une hausse des créances douteuses dans un contexte de récession, le bénéfice net de la banque s’est effondré de 75% au deuxième trimestre, à 116 millions d’euros.
Cas typique du capitalisme traditionnel italien, les actionnaires de référence d’Intesa sont trois fondations bancaires, qui contrôlent ensemble 19% de son capital: Compagnia di San Paolo, la Fondation Cariplo et la Fondation de la Caisse d’épargne de Padoue et Rovigo. Au moins deux d’entre elles étaient favorables au départ d’Enrico Cucchiani, selon Bloomberg. Selon Reuters, Giovanni Bazoli aurait en particulier le soutien du président de Cariplo, Giuseppe Guzzetti.
Agé de 63 ans, Enrico Cucchiani a précédemment dirigé la filiale italienne d’Allianz, après être passé chez UniCredit – la première banque d’investissement transalpine – et le cabinet de conseil McKinsey. Sa culture professionnelle tranche donc avec celles de Giovanni Bazoli et de Giuseppe Guzzetti, âgés de 80 ans. Le dernier est aussi un pilier de la Démocratie chrétienne: il a exercé deux mandats de sénateur, et fut président de la puissante région lombarde.
Dans ce contexte, le refus d’Enrico Cucchiani de voler au secours de la vénérable banque Monte Paschi, empêtrée dans les difficultés, rompt avec la bonne entente que grands financiers et capitaines d’industrie italiens ont toujours su entretenir. Alors qu’Intesa avait habitué le marché à une existence feutrée, l’étalage de ces divisions sur la place publique a désarçonné les investisseurs. L’action de la banque a perdu 6,8% entre mardi et vendredi (à 1,58 euro).
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